Souleymane Sow, 43 ans, a été déféré au parquet le 6 mai dernier après une enquête partie d’un malaise signalé dans un hôtel de Thiès. Derrière ce dossier, les policiers ont remonté plusieurs faits : une affaire présumée de viol, des identités usurpées et des promesses de mariage utilisées pour approcher des femmes.
Que s’est-il passé à l’hôtel Bideew Bi de Thiès ?
Le 1er mai 2026, vers 19h30, la Sûreté urbaine du Commissariat central de Thiès est alertée par un responsable de l’hôtel Bideew Bi. Il signale qu’une jeune femme vient de perdre connaissance à la réception après avoir fui une chambre occupée par un client.
À l’arrivée des policiers, la victime avait déjà été évacuée par les sapeurs-pompiers. Les premiers témoignages recueillis évoquent une jeune dame disant avoir été kidnappée par un homme logé dans la chambre n°8.
Que raconte la plaignante sur sa rencontre avec le suspect ?
Identifiée à l’hôpital comme K. Ba, 20 ans, domiciliée à Yenne, elle était accompagnée de son bébé de deux mois. Elle dit avoir connu sur Facebook un certain « Chérif Ba » au début du mois d’avril, avant des échanges téléphoniques puis une relation amoureuse à distance.
Le 1er mai, les deux décident de se voir à Thiès. L’homme lui transfère 2.000 FCFA via Wave pour le transport depuis Yenne, puis la conduit dans un hôtel après lui avoir acheté à manger.
Sur quoi repose l’accusation de viol présumé ?
K. Ba affirme avoir refusé un rapport sexuel. Elle soutient que l’homme lui a retiré ses vêtements avant de passer à l’acte.
Profitant d’un moment où il était parti au balcon, elle appelle sa sœur domiciliée à Thiès. Quand cette dernière arrive avec son mari, la jeune femme prend son bébé, s’enfuit vers la réception et finit par perdre connaissance, un déroulé rapporté avec ces horaires et ces détails par Actusen.
Qu’ont découvert les enquêteurs dans le téléphone du mis en cause ?
Interpellé, Souleymane Sow reconnaît les circonstances de la rencontre, mais soutient que les rapports sexuels étaient consentis. L’exploitation de son téléphone a toutefois mis au jour des échanges dans lesquels la jeune femme lui signifiait clairement qu’elle ne voulait pas de relation sexuelle.
Les policiers y ont aussi trouvé plusieurs vidéos intimes de jeunes Sénégalaises. Certaines ont été contactées dans le cadre de l’enquête.
Quelles autres accusations sont apparues pendant l’enquête ?
L’une des victimes présumées, domiciliée à Thiès, dit l’avoir connu sous le nom de « Chérif Ba », présenté comme agent administratif à l’AIBD. Leur relation allait jusqu’aux préparatifs du mariage, avant sa disparition le jour prévu pour parler officiellement avec les parents de la jeune femme.
Un autre homme s’est présenté au commissariat pour l’accuser de s’être fait passer pour le procureur Abdou Aziz Sow du Tribunal de Thiès dans un bar. Le plaignant affirme qu’il a consommé plusieurs bouteilles d’alcool sans payer, pour une facture de 44.400 FCFA, avant d’être formellement identifié en garde à vue.