La psychose entourant les couches pour bébés et les serviettes hygiéniques de la marque Softcare vient de connaître son épilogue. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi à Dakar, le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, a présenté les conclusions d’un comité ad hoc interinstitutionnel chargé d’enquêter sur la présence supposée de matières périmées dans la chaîne de production de l’usine.
Les investigations ont débuté le 7 janvier dernier par le déploiement d’une commission réunissant des représentants de l’Assemblée nationale et des ministères de la Santé, de l’Industrie et du Commerce. L’objectif de cette mission de terrain était d’inspecter les installations industrielles et de vérifier la conformité des composants utilisés, notamment le polypropylène, la pâte de bois et le polyacrylate de sodium.
Selon les informations rapportées par le journal Le Quotidien, l’enquête a formellement écarté l’utilisation de matériaux avariés dans les produits finis en s’appuyant sur une impossibilité matérielle. Si un film en polyéthylène périmé a bien été retrouvé sur le site, le ministre a précisé que sa dimension (95 mm) le rendait techniquement inutilisable sur les machines de production actuelles, qui sont strictement calibrées pour un format de 90 mm. La traçabilité interne a par ailleurs démontré que la dernière sortie de stock de ce matériel obsolète remonte à septembre 2024. Des analyses complémentaires, confiées à un laboratoire allemand indépendant, ont attesté l’absence de tout contaminant dans les produits commercialisés.
Le rapport interinstitutionnel a également mis en évidence des dysfonctionnements dans la gestion initiale du dossier par l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (Arp). Le document relève des décisions de retrait du marché prononcées sans prélèvements d’échantillons préalables, ainsi que des incohérences dans les rapports d’inspection, soulignant un manque de base scientifique lors des premières alertes.
Bien que l’industriel soit blanchi sur le plan sanitaire, des lacunes ont été notées concernant l’étiquetage et la gestion interne de ses stocks. En réponse, le gouvernement a annoncé l’accélération d’un décret spécifique à l’encadrement des produits cosmétiques et d’hygiène, l’élaboration de nouvelles normes nationales de qualité et un renforcement de la coordination entre les organes de contrôle de l’État.