Que contient exactement le dossier dans lequel Ndiaga Seck a été arrêté sur délégation de la DIC ? L’affaire ne se limite pas à sa seule personne. Elle porte aussi sur plusieurs autres individus et sur des accusations pénales particulièrement lourdes.
Acheminé à Linguère, Ndiaga Seck a été entendu en présence de son avocat. Le dossier évoque notamment une association de malfaiteurs, le harcèlement sexuel, l’incitation à la débauche, la collecte et la diffusion d’images à caractère pornographique, la mise en danger de la vie d’autrui, la transmission volontaire du VIH/Sida ainsi que des actes contre nature. Dans le langage judiciaire, le mandat de dépôt signifie qu’une personne est envoyée en prison de façon provisoire pendant l’instruction. Dans cette affaire, 22 personnes, dont l’accusateur principal, ont déjà été placées sous ce régime par le doyen des juges du tribunal de Louga, selon des informations rapportées par Dakaractu.
Des messages et des photos au cœur de la procédure
L’un des éléments centraux du dossier vient d’Ahmadou Lamine Dia, âgé de 49 ans, qui se présente comme agent de la CSE et dit habiter à Mérina Ndiaye, à Dahra. Des informations publiées par Libération indiquent qu’il affirme avoir eu plusieurs relations sexuelles avec Ndiaga Seck. Pour appuyer ses déclarations, il a remis des messages et des photos à caractère sexuel échangés entre octobre 2010 et mars 2013. Parmi les pièces citées figurent des formules en wolof comme « Nékhone naa démbeu » et « sa affaire bii reuyneu ».
Face à ces éléments, Ndiaga Seck a admis l’existence des messages, tout en rejetant l’idée de rapports charnels avec Ahmadou Lamine Dia. Lors d’une confrontation, son accusateur a toutefois maintenu ses propos et les a signés, en le présentant comme son « amour » avec qui il aurait couché à plusieurs reprises.
Le volet sanitaire est aussi mentionné dans la procédure. Ahmadou Lamine Dia a déclaré être séropositif depuis 2013, alors que les tests réalisés sur Ndiaga Seck se sont révélés négatifs. Son téléphone a été envoyé à la DSC pour des vérifications techniques. Sa présentation devant le magistrat instructeur est annoncée dans les prochaines heures pour association de malfaiteurs et actes contre nature. L’enquête n’est pas close : au moins 17 autres personnes font encore l’objet d’avis de recherche et d’interpellation.