Le ton monte entre Dakar et Madrid autour des financements liés aux projets d’électrification rurale. Au centre de ce que certains observateurs appellent déjà « Asergate », une réunion de crise s’est tenue en Espagne afin d’examiner un montage financier évalué à près de 37 milliards de francs CFA, rapporte Seneweb.
Les partenaires espagnols, dont la Banque Santander, réclament « des explications claires » de la part des autorités sénégalaises sur leurs engagements financiers et juridiques. D’après la même source, du côté de Madrid, la doctrine est ferme : « dans les mécanismes de financement à l’exportation, tout repose sur la garantie souveraine signée par l’État bénéficiaire ». En d’autres termes, seul le ministère sénégalais des Finances est habilité à engager la responsabilité juridique du pays.
La polémique s’est intensifiée après la récente sortie de l’ambassadeur du Sénégal en Espagne. Dans une lettre officielle, le diplomate tente de « dédouaner l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) », une démarche qui suscite l’incompréhension.
Car, rappellent plusieurs observateurs, « l’ASER n’est pas une entité privée indépendante », mais bien une structure publique agissant « au nom de l’État et sous son autorité ».
Dès lors, la volonté de dissocier l’agence de l’État apparaît « difficilement soutenable » pour nombre d’analystes, qui s’interrogent : « comment le représentant officiel du Sénégal peut-il établir une telle séparation institutionnelle ? ».
Alors que Madrid presse Dakar de clarifier sa position, ce dossier s’impose comme un test majeur de crédibilité pour les nouvelles autorités sénégalaises.
Entre exigence de transparence, responsabilité souveraine et communication diplomatique controversée, l’affaire des 37 milliards de l’ASER est encore loin d’avoir livré tous ses secrets.
Finalement ce léthargique gouvernement va maintenant devoir sortir du bois pour répondre !