L’affaire dite « Asergate », liée à la disparition présumée de 37 milliards de francs CFA destinés à un vaste programme d’électrification rurale, connaît un nouveau développement.
Dans un communiqué publié ce jour, le mouvement « Sunu 37 milliards » affirme que le dossier aurait pris une nouvelle tournure avec l’apparition de documents administratifs qu’il présente comme falsifiés.
Selon le collectif, le litige, initialement de nature commerciale, aurait basculé sur le terrain pénal après l’intervention d’une personne dont l’identité est évoquée dans la procédure. Le mouvement soutient que de présumées fausses quittances attribuées à la Direction générale des impôts et des domaines (DGID) et à l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) auraient été introduites dans le dossier.
Dans son communiqué, « Sunu 37 milliards » estime qu’une telle opération n’aurait pas pu être menée par une seule personne. Le collectif évoque ainsi l’existence possible d’un réseau de complicité ayant participé à la production, à la circulation ou à l’utilisation de ces documents, tout en appelant les autorités judiciaires à faire toute la lumière sur ces allégations.
Le mouvement affirme également que ces pièces contestées auraient servi de fondement à plusieurs procédures judiciaires, avec des conséquences importantes sur le projet d’électrification. Selon lui, les fonds destinés au programme demeurent introuvables, le chantier a été interrompu et de nombreux villages restent privés d’électricité.
Estimant que cette affaire met en jeu les intérêts de l’État, le mouvement demande la poursuite et l’approfondissement des investigations en cours. Il invite notamment le juge d’instruction à orienter les investigations sur l’origine et la traçabilité des documents contestés afin d’identifier, le cas échéant, leurs auteurs et d’éventuels complices.
Le collectif interpelle également l’Agent judiciaire de l’État (AJE), désormais saisi du dossier devant le Pool judiciaire financier (PJF), afin que les investigations prennent en compte l’ensemble des personnes susceptibles d’être impliquées, si les faits étaient établis.
« Sunu 37 milliards » estime que l’affaire dépasse la seule question de documents présumés falsifiés et appelle les autorités à déterminer ce qu’il est advenu des 37 milliards de francs CFA initialement destinés à l’électrification de plus d’un millier de villages sénégalais.
