Affaire ASER : la Banque Santander refuse de recevoir une délégation sénégalaise à Madrid

« La délégation sénégalaise n’est pas reçue. Aucun rendez-vous, aucun échange technique, aucune tentative de conciliation. » C’est par ces mots que le journaliste Bachir Fofana décrit, dans son ouvrage d’enquête, l’échec de la mission officielle dépêchée à Madrid en décembre 2025 pour débloquer le financement du projet ASER-AEE Power EPC.

Selon l’auteur, une délégation composée de responsables de l’ASER et de représentants de l’État s’est rendue à Madrid le 11 décembre 2025 pour tenter de convaincre la Banque Santander et l’assureur public espagnol CESCE de lever la suspension des paiements. Mais l’initiative s’est soldée par un refus catégorique : les émissaires n’ont même pas obtenu d’audience.

Un refus lourd de sens

Bachir Fofana interprète ce refus comme « une rupture de confiance profonde » entre les bailleurs de fonds et les porteurs du projet. Après cet échec, le ministre, Secrétaire général du Gouvernement, a invité la Banque Santander à se rendre au Sénégal pour examiner le dossier sur place. Là encore, la réponse est restée ferme : la banque a décliné l’invitation, précisant que « les décaissements resteront suspendus tant que des éléments tangibles, matériels et vérifiables ne seront pas fournis ».

Pour le journaliste, cette exigence traduit une logique simple : le marché ASER-AEE Power EPC porte sur des travaux physiques, objectivement constatables, et les bailleurs réclament des preuves concrètes de l’exécution des travaux avant tout déblocage. Il souligne également que la Banque Santander a rappelé que son interlocuteur institutionnel demeure le ministre des Finances et du Budget, ce qu’il voit comme le signe d’« un désordre manifeste dans la chaîne de commandement de l’État ». Selon Senegal7, qui a consulté des sources proches du dossier, cette situation révèle des dysfonctionnements dans la gestion du projet.

Cette affaire, qui porte sur un montage financier évalué à près de 37 milliards de francs CFA, avait déjà suscité des tensions entre Dakar et Madrid. En mars 2026, les partenaires espagnols, dont la Banque Santander, avaient réclamé des explications claires sur les engagements financiers et juridiques, rappelant que seul le ministère des Finances est habilité à engager la responsabilité juridique du pays. En juin 2026, le député Thierno Alassane Sall avait annoncé que la Cour espagnole avait répondu à ses questions sur le détournement présumé de 37 milliards de F CFA, fixant une conférence de presse pour le vendredi suivant.

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