Le procès en appel du réalisateur Christophe Ruggia, poursuivi pour agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel, marque une nouvelle étape judiciaire à Paris. Alors que le jugement de première instance avait opté pour une peine aménagée, le ministère public a présenté ce vendredi une lecture différente du dossier, insistant sur la nécessité d’une sanction carcérale plus stricte.
Lors de cette audience relayée par l’agence Anadolu, le parquet général a requis une peine de cinq années de prison, dont trois ans ferme, à l’encontre du cinéaste aujourd’hui âgé de 61 ans. Cette demande marque un durcissement par rapport à la condamnation initiale. En première instance, Christophe Ruggia avait écopé de deux ans de prison ferme, mais cette peine avait été aménagée sous le régime du bracelet électronique, lui évitant ainsi l’incarcération immédiate.
Pour justifier cette demande d’aggravation, l’accusation a mis en avant un principe clair concernant la temporalité des faits. Le parquet a estimé que l’ancienneté des agressions, qui se seraient déroulées entre 2001 et 2004, ne constituait pas un motif valable pour « atténuer la sévérité de la sanction ». Cette position vise à réaffirmer la gravité des actes commis sur une mineure, indépendamment du temps écoulé depuis leur commission.
Les faits reprochés s’inscrivent dans le cadre du tournage du film « Les Diables », qui marquait les débuts au cinéma d’Adèle Haenel. À l’époque, la comédienne était âgée de 12 à 14 ans. C’est en 2019, à la suite d’une enquête publiée par Mediapart, que l’actrice avait brisé le silence, déclenchant une onde de choc dans le milieu du cinéma français et faisant de cette affaire un symbole du mouvement #MeToo en France.