Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a profité d’une intervention à la télévision française pour clarifier la posture de Moscou face aux tensions au Moyen-Orient. Interrogé sur les accusations occidentales pointant un soutien militaire direct de la Russie à Téhéran, le chef de la diplomatie a livré une explication qui écarte l’alliance géopolitique au profit d’un autre argumentaire.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Sergueï Lavrov a affirmé lors du journal de 20 heures de France 2 que l’action de son pays ne visait pas à défendre l’Iran en tant qu’allié. La position russe s’inscrirait dans une logique strictement juridique, axée sur la défense du droit international. S’il a fermement démenti la transmission de renseignements militaires à Téhéran, le ministre a néanmoins confirmé l’existence d’un accord de coopération militaire et technique entre les deux capitales, incluant la livraison de certains équipements.
Abordant les causes du conflit actuel, Sergueï Lavrov a pointé du doigt les États-Unis et Israël, dénonçant une agression contre la République islamique. Il a accusé Washington de s’affranchir du droit international pour agir selon ses propres instincts ou principes moraux. Pour illustrer son propos, il a cité les cas de l’Irak, de la Syrie et de la Libye, qualifiés d’États détruits par les interventions occidentales. Il a également souligné que plusieurs pays du Golfe avaient refusé l’utilisation de leur espace aérien et de leurs bases pour dissuader les États-Unis de lancer une offensive.
Sur le plan économique, le représentant de Moscou a balayé les suggestions selon lesquelles la Russie tirerait un bénéfice de la hausse des prix du pétrole engendrée par la crise. Accusant Washington de vouloir dominer les marchés énergétiques mondiaux et contrôler le détroit d’Ormuz, il a assuré que les activités commerciales russes se poursuivraient indépendamment de la conjoncture. Dans la même logique, il a qualifié d’illégitimes les sanctions imposées par les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni.
Enfin, interrogé sur le conflit en Ukraine et les accusations de violations du droit international visant la Russie, Sergueï Lavrov a rejeté toute comparaison. Dénonçant une lecture sélective des événements par l’Occident, il a accusé la France et l’Allemagne de n’avoir jamais eu l’intention de respecter les accords de Minsk signés en 2015.