Accusation de sorcellerie à Thiadiaye : la surprenante confession de la plaignante à la barre

Le village de Sessène, dans la zone de Thiadiaye, est le théâtre d’un conflit familial inhabituel qui se règle désormais devant la justice. Au centre de cette affaire portée devant le Tribunal d’instance de Mbour, une grave accusation d’anthropophagie opposant une grand-mère au grand frère de son gendre, sur fond de maladie infantile et de violences physiques.

Les faits initiaux remontent à avril 2025. F. Dieng, apprenant que sa petite-fille souffre d’une pathologie qu’elle juge incurable, se rend précipitamment au domicile conjugal de sa fille. Sur place, elle prend à partie M. Tine, un cultivateur de 66 ans. Elle l’accuse publiquement de sorcellerie et d’avoir l’intention de dévorer l’enfant. Face à ces allégations, l’homme réagit physiquement. Il saisit la vieille dame par le collet, déchire son vêtement et l’expulse de la cour familiale. Munie d’un certificat médical attestant de trois jours d’incapacité temporaire de travail (ITT) pour des douleurs au cou, F. Dieng dépose une plainte à la Brigade de gendarmerie de Thiadiaye, déclenchant l’action judiciaire.

L’affaire a connu un développement particulier lors de l’audience tenue jeudi dernier au Tribunal d’instance de Mbour. Devant une salle comble, la plaignante a livré de nouveaux éléments sur l’origine de ses accusations. Selon les informations de Kawtef, F. Dieng a expliqué au juge que sa démarche n’était pas une simple initiative personnelle : elle aurait agi sur les indications de pasteurs. Ces derniers auraient formellement désigné le cultivateur comme le responsable de la maladie de la fillette à l’occasion d’une séance de guérison spirituelle.

À la barre, M. Tine a fermement rejeté toute intention malveillante envers l’enfant. Il a décrit la plaignante comme une personne coutumière de ce genre d’allégations, affirmant qu’elle ternit régulièrement la réputation de divers membres de la famille par des accusations similaires, créant un climat de tension permanent. Concernant l’altercation physique, le sexagénaire a justifié ses gestes par la nécessité de mettre un terme à une situation qu’il jugeait menaçante, niant toute préméditation.

La partie civile maintient ses accusations de violence et réclame le versement de 250 000 FCfa à titre de dommages et intérêts. Dans ses réquisitions, le procureur de la République a demandé l’application stricte de la loi. Le juge a mis l’affaire en délibéré au 22 avril 2026.

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