Les difficultés financières de l’ONU affectent sa capacité opérationnelle, a déclaré Bassirou Diomaye Faye le 24 septembre 2026 à New York. Devant l’Assemblée générale, le président sénégalais a défendu un multilatéralisme plus juste et inclusif, alors que le déficit de financement nécessaire à la réalisation des objectifs de développement durable atteint 4 000 milliards de dollars.
Le chef de l’État a rejeté les postures unilatéralistes. Il a plaidé pour davantage de dialogue, de coopération et de respect du droit, plutôt que la confrontation, l’isolement et le recours à la force, rapporte Rewmi.
La situation financière de l’organisation nourrit aussi des interrogations sur son efficacité. Bassirou Diomaye Faye a évoqué les difficultés des opérations de paix et les retards dans la réalisation des objectifs de développement durable. Selon lui, ces problèmes peuvent conduire certains à juger le multilatéralisme dépassé et à contourner les mécanismes communs.
Le président sénégalais estime au contraire que les crises actuelles rendent nécessaire une ONU « plus forte, plus représentative et plus efficace ». Il a aussi souligné qu’on ne peut régler les crises en fragmentant davantage le système multilatéral, ni construire la paix par des rapports de force. Au Sahel, il a plaidé pour une lutte conjointe contre le terrorisme transfrontalier et averti qu’une déstabilisation de la région toucherait aussi les autres intérêts qui y sont présents.
Cette mise en garde prend un relief particulier alors que Faye s’exprimait aussi comme président en exercice de la CEDEAO, fonction confiée au Sénégal en juillet 2026. L’organisation doit composer avec les conséquences du départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger, tandis que les menaces transfrontalières rendent la coopération régionale déterminante.
L’initiative ONU 80 représente, selon Bassirou Diomaye Faye, une occasion de mener les transformations structurelles et normatives nécessaires. Il a toutefois prévenu que la réforme ne devait pas réduire l’ambition des Nations unies. Il souhaite une organisation moins bureaucratique, plus agile dans ses actions, plus efficace dans ses dépenses et mieux coordonnée entre son siège et le terrain.
Le Sénégal a construit sur ses ressources propres la Maison des Nations Unies à Diamniadio, à une trentaine de kilomètres de Dakar ; cette plateforme doit accueillir sur un même site l’ensemble des entités du système des Nations unies.
Bassirou Diomaye Faye a enfin appelé les États membres à respecter leurs engagements financiers au titre de leurs contributions statutaires.



