À Guet Ndar, la mer nourrit les pêcheurs mais l’érosion détruit les maisons

À Guet Ndar, quartier de pêcheurs de Saint-Louis, la mer est à la fois une ressource et une menace. L’érosion côtière y a fait disparaître plusieurs centaines de mètres de littoral en quelques années, fragilisant les habitations et les activités dont dépend la communauté.

L’ouverture de la brèche de Saint-Louis en 2003 a renforcé les phénomènes d’érosion et de submersion. Des maisons ont été détruites et des familles déplacées, certaines vers des sites éloignés de leur cadre de vie habituel. Au-delà des pertes matérielles, ces bouleversements menacent aussi les emplois liés au littoral : les défis croissants des écosystèmes côtiers sénégalais, notamment l’érosion, ont conduit des députés à examiner le Fonds Bleu pour la résilience socio-écologique. Des milliers d’emplois sont en jeu.

Le chef du quartier, El Hadji Makhou Sène, constate que des habitants relogés reviennent à Guet Ndar. Le quartier demeure un point d’attache malgré les déplacements. Ces réalités sont rapportées dans un reportage de Courrier international publié sur Yahoo.

Les pêcheurs doivent aller plus loin pour trouver du poisson. Mamadou Sarr, jeune pêcheur et président de la commission environnement de l’Association des pêcheurs à la ligne de Saint-Louis, explique qu’ils s’aventurent davantage en haute mer. Certains cherchent aussi des ressources en Mauritanie, en Gambie ou dans d’autres zones de la sous-région. Cette raréfaction des poissons, conjuguée à l’érosion côtière et à la pression sur les écosystèmes marins, est au cœur de la Stratégie nationale des Aires marines protégées 2026-2030, validée le 15 mai 2026. Pour le colonel Momar Sow, la gouvernance durable de l’espace marin est un impératif de survie.

La pêche pratiquée à Guet Ndar était d’abord fluviale, avant de s’orienter progressivement vers la mer à partir du XIXe siècle. Une recherche universitaire sur les pêcheurs migrants de Guet Ndar présente leurs déplacements comme une caractéristique majeure de la communauté. Aujourd’hui, ces mobilités prennent aussi le visage d’une adaptation à des ressources plus difficiles à trouver et à un littoral qui recule.

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