À Dakar, des experts ont examiné les difficultés fiscales et sanitaires liées à l’essor des cigarettes électroniques, du tabac chauffé et des sachets de nicotine. Ces produits se développent alors que les règles encadrant leur taxation et leur commercialisation ne suivent pas toujours leur évolution.
Lors de la 14e Conférence panafricaine sur les flux financiers illicites et la fiscalité, Estelle Dauchy, chercheuse à l’Université de Le Cap, a présenté des travaux comparatifs menés au Kenya, au Ghana, au Nigeria et en Zambie, avec la Tax Justice Network Africa. Les données évoquées font état d’une croissance annuelle supérieure à 30 % pour les nouveaux produits nicotiniques en Afrique subsaharienne. Comme le rapporte Seneplus, les cadres fiscaux reposent souvent sur la présence de tabac, alors que certains produits contiennent de la nicotine synthétique ou n’utilisent pas de tabac.
Cette définition peut laisser des produits en dehors de certains droits d’accises. Le Kenya et l’Afrique du Sud ont instauré des taxes visant certains produits électroniques ; le Ghana et la Zambie ont aussi commencé à les intégrer dans leur fiscalité. Toutefois, les sachets de nicotine ne sont soumis à aucune taxation spécifique dans les quatre pays étudiés.
Les chercheurs estiment que les définitions fiscales doivent couvrir les différentes formes et sources de nicotine, afin qu’une modification de la composition d’un produit ne suffise pas à le soustraire à l’impôt. Les échanges ont aussi porté sur l’information des consommateurs, l’étiquetage sanitaire, la publicité en ligne et le contrôle des importations.
Au Sénégal, le directeur général de la Santé, Youssouph Tine, a annoncé le 15 juin 2026 que le gouvernement entendait interdire les cigarettes électroniques, le tabac chauffé et les sachets de nicotine sans tabac, et créer une taxe parafiscale. Dans certains pays, les taxes sur les cigarettes électroniques sont calculées selon le volume de liquide ou la concentration en nicotine.




