À 110 km de Taïwan : l’échéance militaire fixée par le Japon provoque une riposte économique de Pékin

Le Japon accélère le renforcement de son dispositif sécuritaire à l’extrême sud-ouest de son archipel. Une nouvelle étape dans la militarisation d’une zone stratégique vient d’être actée par Tokyo, entraînant des mesures de rétorsion directes de la part de la Chine.

Selon les informations relayées par Al Jazeera, le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, a annoncé le déploiement de systèmes de missiles sol-air sur l’île de Yonaguni d’ici mars 2031 (année fiscale 2030). Cette terre insulaire se situe à environ 110 kilomètres à l’est de Taïwan. Ces équipements militaires sont spécifiquement conçus pour intercepter des aéronefs et des missiles balistiques.

Cette planification s’inscrit dans un durcissement de la posture japonaise sous l’égide de la Première ministre Sanae Takaichi. D’après les analystes cités par le média, ce calendrier vise notamment à consolider la position de la cheffe du gouvernement avant sa visite prévue à Washington le 19 mars 2026. Elle doit y rencontrer l’administration du Président Donald Trump, qui incite régulièrement ses alliés à accroître leurs dépenses de défense et à assumer une plus grande part des responsabilités sécuritaires régionales.

La réaction de Pékin, qui revendique Taïwan comme faisant partie de son territoire souverain, s’est traduite par des actions économiques concrètes. Les autorités chinoises ont restreint les exportations vers 40 entités japonaises, accusées de contribuer à la « remilitarisation » du pays. Dans le détail, le ministère chinois du Commerce a placé 20 entreprises sur une liste de contrôle des exportations et 20 autres sous surveillance. Le secrétaire général adjoint du cabinet japonais, Kei Sato, a qualifié cette mesure de « déplorable », affirmant qu’elle ne serait pas tolérée.

Ces sanctions s’ajoutent à une série de pressions déjà exercées par la Chine. Celles-ci incluent le déploiement régulier de navires près des eaux japonaises, un contrôle accru sur les exportations de terres rares — essentielles à la fabrication d’appareils de haute technologie — et la réduction des échanges culturels, marquée par le retrait des pandas géants du zoo d’Ueno à Tokyo. Sur le plan militaire, l’approche de drones chinois près de Yonaguni en novembre dernier avait contraint le Japon à faire décoller ses avions de chasse.

L’équilibre géopolitique se heurte toutefois à l’interdépendance financière des deux nations. La Chine demeure le premier partenaire commercial du Japon depuis 2005. En 2024, les échanges bilatéraux ont atteint 322 milliards de dollars, Pékin représentant environ un cinquième des importations et exportations japonaises. Le Japon y accuse un déficit commercial annuel d’environ 43 milliards de dollars.

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