90 milliards d’euros bloqués : l’Allemagne et la Belgique s’insurgent contre la dernière manœuvre de la Hongrie

La cohésion européenne face au conflit en Europe de l’Est traverse une nouvelle zone de turbulences. Lors d’une intervention commune, les diplomaties allemande et belge ont publiquement affiché leur exaspération à l’encontre d’un autre État membre, pointant du doigt un blocage stratégique et financier aux conséquences majeures.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’Allemagne et la Belgique ont vivement critiqué la Hongrie ce mercredi. Au cœur des tensions : le veto opposé par Budapest à un nouveau paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie, ainsi qu’à l’octroi d’un prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine.

Lors d’une conférence de presse conjointe tenue à Berlin, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a dénoncé l’incohérence de la position hongroise. Il a rappelé qu’en décembre dernier, le Premier ministre Viktor Orban avait validé la ligne d’action que son propre gouvernement entrave aujourd’hui. Qualifiant ce comportement de trahison envers le combat historique de la Hongrie pour la liberté en 1989, le diplomate allemand s’est dit consterné par la situation.

Son homologue belge, Maxime Prevot, a appuyé cette déclaration en qualifiant le blocage d’inacceptable. Il a souligné que la patience des autres États membres de l’UE commençait à s’effriter. Tout en reconnaissant que la perspective des élections législatives hongroises prévues en avril pouvait peser sur les décisions de Budapest, le ministre belge a estimé que prendre en otage les besoins de la population ukrainienne en temps de guerre constituait une « ligne rouge ».

Cette levée de boucliers fait suite à une correspondance officielle envoyée lundi par Viktor Orban aux dirigeants de l’UE. Dans cette lettre, le dirigeant hongrois justifie sa position par l’arrêt des livraisons de pétrole ukrainien via l’oléoduc Druzhba, une infrastructure vitale pour l’approvisionnement de son pays en brut russe. Budapest, qui rappelle avoir soutenu les précédentes décisions européennes en faveur de Kiev, accuse désormais l’Ukraine de provoquer une situation d’urgence énergétique sur son territoire, rendant l’impasse actuelle insoutenable selon le gouvernement hongrois.

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