76 morts, 200 victimes présumées : Le parquet ouvre le dossier des événements 2021-2024

Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar annonce l’ouverture d’une vaste enquête sur les événements politico-judiciaires survenus au Sénégal entre 2021 et 2024, certains faits étant susceptibles de recevoir la qualification de crimes contre l’humanité.

Saisie en août 2025 par le parquet, la Section de recherches de la Gendarmerie nationale a mené des investigations pendant près d’un an. Selon les premiers résultats, 76 personnes sont décédées, dont 41 dans la région de Dakar, tandis que plus de 200 autres personnes seraient victimes d’actes de torture ou de traitements inhumains, cruels ou dégradants.

Les enquêteurs ont entendu 166 victimes et témoins et exploité plusieurs documents médicaux. Ces investigations auraient permis de relever des indices d’assassinats, de meurtres, de persécutions, de tortures et d’autres traitements inhumains, susceptibles d’être qualifiés de crimes contre l’humanité.

Le parquet indique également que cinq personnes ont été interpellées dans le cadre de deux dossiers : quatre sont soupçonnées d’avoir participé à des actes de torture contre Pape Abdoulaye Touré, tandis qu’une cinquième personne est poursuivie dans le dossier du décès de Mamadou Ndoye, présenté comme ayant été mortellement heurté par un véhicule de la Police à Bargny.

Le 23 septembre 2026, les cinq suspects ont été inculpés pour crime contre l’humanité, torture et meurtre. Deux ont été placés sous mandat de dépôt, tandis que les autres ont été soumis à un contrôle judiciaire ou à une assignation à résidence avec surveillance électronique.

Le procureur précise avoir fait appel de cette décision le 28 septembre, puisqu’il avait requis le placement sous mandat de dépôt de l’ensemble des inculpés.

« Les premières investigations ont permis de dénombrer provisoirement soixante-seize (76) personnes décédées et plus de deux cent (200) autres présumées victimes d’actes de tortures ou de traitements inhumains, cruels ou dégradants. »

Le parquet précise que l’instruction se poursuit avec des délégations judiciaires, réquisitions et commissions rogatoires afin de faire toute la lumière sur les faits. D’autres procédures pourraient être ouvertes devant les juridictions compétentes, en fonction des responsabilités établies par l’enquête et l’instruction.

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9 commentaires

  1. Vous avez été sourd face à la détresse des familles de victimes mais vous réagissez à la demande des bailleurs qui exigent un climat social apaisé qui ne peut arriver sans cette étape douloureuse de justice.

  2. Je ne peux m’empêcher de faire un lien avec cette annonce du parquet, qui dépend de Ministre de la justice et donc du Président, et le supposé deal entre Diomaye et Macky.
    Je t’ai soutenu pour l’ONU, en risquant ma crédibilité, tu dois remplir ta part en n’essayant pas de revenir dans le jeu politique et en me “cédant” l’APR.
    Sinon, je te poursuis pour crime contre l’humanité.
    Quoi qu’il en soit, il est clair que Macky Sall ne remettra plus les pieds au Sénégal avec l’ouverture de ce dossier. Il a une peur bleue de la Prison.
    C’est un jeu de dupes.
    Wait and see.

    • L’ouverture de l’enquête s’inscrit dans une trajectoire purement stratégique, où la raison d’État et le cynisme politique l’emportent sur la quête réelle de justice :
      Le simulacre de l’État de droit à destination de l’international En proie à des tensions budgétaires critiques et en quête urgente de liquidités, le pouvoir utilise l’institution judiciaire comme une vitrine institutionnelle. La qualification spectaculaire de « crimes contre l’humanité » sert de signal calculé aux bailleurs de fonds et partenaires multilatéraux : il s’agit de donner l’illusion d’un État de droit rigoureux et d’un climat apaisé pour débloquer les aides financières tant attendues.
      La mise en scène d’une promesse caduque Alors même que la rigueur de l’exercice du pouvoir affranchit le régime des engagements de campagne — dans la ligne du constat pragmatique selon lequel les promesses électorales n’engagent plus une fois aux affaires —, l’ouverture du dossier permet de feindre le respect de la parole donnée. Cela maintient l’illusion d’une reddition de comptes auprès de l’opinion tout en évitant d’assumer ouvertement un renoncement.
      L’envisagement d’un classement programmatique Dans cette logique cynique, la procédure n’a pas vocation à aller à son terme ni à faire éclater une vérité dérangeante. Une fois les exigences des bailleurs satisfaites, les financements débloqués et la pression internationale relâchée, l’instruction s’enlisera dans les arcanes juridiques et les verrous de la loi d’amnistie, avant d’être définitivement classée aux oubliettes de l’histoire.
      Synthèse
      L’initiative du parquet n’est ni un élan de justice, ni une réponse morale aux attentes des victimes, mais un outil d’opportunisme politique et financier. Elle vise simultanément à simuler le respect d’un engagement électoral obsolète et à donner des garanties de façade à l’international pour assurer le secours financier de l’État.

  3. Comment peut-on avec une voiture de police forcer volontairement sur une personne et on se dit musulman ou chrétien. Vouloir respecter au pouvoir on fait mourir 80 personnes alors que nous sommes tous des parents surtout dans ce sénégal. Le tribunal divine attend les coupables et commanditaires de ces meurtres.

  4. Commentaires complet je rajoute juste que pour que la CPI se saisissent il faut qu’ils n aient aucunes procédure judiciaire en cours dans le pays sur lesquels les faits se sont produits

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