64,4 puis 105 dollars : le baril bouscule le budget sénégalais

Entre des programmes freinés et un niveau global jugé correct, l’exécution budgétaire du Sénégal au premier trimestre a été marquée par un choix de prudence. À Dakar, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a expliqué que certains volets avaient avancé lentement en raison des incertitudes liées à la conjoncture économique internationale.

Après son audition à l’Assemblée nationale, le ministre a indiqué que l’État avait préféré attendre avant d’engager toutes les dépenses prévues. Il a cité notamment la crise au Moyen-Orient et ses effets sur les marchés internationaux. Selon APS, M. Diba a rappelé que le baril de pétrole valait 64,4 dollars US au moment de l’élaboration de la loi de finances initiale 2026, contre 105 dollars actuellement. Pour lui, engager d’emblée l’ensemble des crédits sans marge de correction aurait pu provoquer des dérives dans l’exécution budgétaire.

Cheikh Diba a toutefois précisé que les dépenses de fonctionnement sont moins touchées par cette lenteur. Il a aussi assuré que les dépenses incompressibles et obligatoires ont été correctement exécutées, ce qui permet à l’État de conserver, selon lui, un niveau d’exécution correct sur l’ensemble du budget.

Le ministre s’est également exprimé sur les échanges en cours avec le Fonds monétaire international. Il a affirmé que les négociations entre le Sénégal et le FMI se déroulent très bien, même si elles portent, a-t-il dit, sur le plus grand cas de dissimulation d’une dette impliquant l’institution. Il a rappelé que le président Bassirou Diomaye Faye a rencontré cette semaine à Nairobi les dirigeants du FMI, à l’occasion d’un sommet franco-africain.

Dans le même sillage, les autorités actuelles soutiennent avoir découvert des engagements financiers contractés entre 2019 et 2024 sans avoir été rendus publics par les anciens dirigeants. L’ex-président Macky Sall a rejeté cette accusation. D’après les autorités, ces engagements ont porté le taux d’endettement du Sénégal à 132 % du produit intérieur brut, un niveau présenté comme inédit pour le pays.

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