Déjà placé en détention préventive depuis plusieurs mois dans une affaire d’escroquerie à Touba, S. M. Dramé fait de nouveau face à la justice. Le chef de la chambre 11 de la prison de Diourbel est poursuivi pour avoir soutiré 250 000 FCFA à l’un de ses codétenus en lui promettant une grâce présidentielle qui ne s’est jamais matérialisée.
Selon les éléments rapportés à l’audience, la victime, M. Ba, un berger de 72 ans, père de neuf enfants et marié à trois épouses, purgeait une peine de trois mois de prison ferme pour coups et blessures volontaires. Souffrant de problèmes de santé, il nourrissait l’espoir de retrouver sa famille à Touba Belel à l’occasion de la fête de la Tabaski.
C’est dans ce contexte que S. M. Dramé lui aurait assuré qu’un marabout mouride, présenté sous le nom de « Cheikh Sarr », disposait de suffisamment d’influence pour obtenir une grâce présidentielle auprès du chef de l’État. Convaincu par ces promesses, le septuagénaire aurait accepté de verser 250 000 FCFA, une somme envoyée par transfert via Wave.
Mais à l’approche de la Tabaski, le rêve du détenu s’est brusquement effondré. En consultant la liste officielle des bénéficiaires de la grâce présidentielle, il constate que son nom n’y figure pas. Estimant avoir été trompé, il décide alors de porter plainte contre son chef de chambre.
À la barre, S. M. Dramé a rejeté les accusations. Il a affirmé n’avoir jamais encaissé le moindre franc et soutient avoir uniquement servi d’intermédiaire dans cette démarche, sans en tirer un quelconque profit.
Une version contestée par la partie civile. M. Ba a maintenu que le prévenu lui avait personnellement fourni le numéro de téléphone utilisé pour le transfert d’argent et lui avait confirmé par la suite avoir reçu les fonds.
Au regard des éléments du dossier, le procureur de la République s’est montré convaincu de la culpabilité du prévenu et a requis une peine d’un an d’emprisonnement ferme. De son côté, la défense a plaidé la relaxe, estimant que les faits reprochés n’étaient pas suffisamment établis.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu ce jeudi 25 juin 2026.

