Ce mercredi 3 juin 2026, l’ancien ministre Moustapha Diop, maire de Louga et président du parti FARLU, a obtenu une liberté provisoire au terme d’une détention d’un an et douze jours. Cette mesure, comme l’écrit Sanslimitesn, a été accordée par la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice dans un dossier lié aux fonds destinés aux masques de protection contre la Covid-19.
L’affaire avait été ouverte autour d’un détournement présumé de 2,5 milliards de francs CFA, montant évoqué lors des débats à l’Assemblée nationale. La procédure avait conduit à la levée de son immunité parlementaire, après une séquence où Moustapha Diop avait assuré lui-même sa défense devant les députés. Il y avait proclamé son innocence, affirmant être "blanc comme neige" et ne craindre que Dieu.
Une caution au cœur du dossier
Au cours de l’instruction, le montant en cause a évolué de 2,5 milliards à 938 millions de francs CFA, avant d’être ramené à 12 millions de francs CFA. Malgré ce dernier chiffre évoqué dans le dossier, une caution de 120 millions de francs CFA lui a été demandée pour bénéficier de la liberté provisoire. Moustapha Diop avait d’abord refusé de payer cette somme, estimant que les 300 000 masques concernés, évalués à environ 120 millions de francs CFA, avaient été livrés.
Des éléments versés au dossier font état de bons de commande, de factures, de bordereaux de livraison et de photographies produits par les fournisseurs, qui affirment avoir été payés et avoir livré les masques commandés. Ses avocats lui ont ensuite recommandé de verser la caution afin de sortir de détention, puis de poursuivre la contestation en vue d’un non-lieu et d’un remboursement de la somme. Il avait déjà vu une demande de liberté provisoire rejetée le 11 décembre 2025 par la Commission d’instruction, après une confrontation avec les fournisseurs impliqués.
Moustapha Diop avait prévu de verser la caution le 25 mai 2026, avant de refuser dans un premier temps. Il a finalement accepté de cautionner les 120 millions de francs CFA le 3 juin 2026 afin de recouvrer la liberté. Ses avocats cités dans le dossier sont Me Oumar Youm, Me Borso Pouye, Me Moustapha Mbow, Me Dione, Me Boubacar Cissé et Me Abdou Dialy Kane.
