La Chambre criminelle de Mbour se penche actuellement sur un dossier de trafic international de drogue impliquant une ressortissante sud-africaine et un présumé complice sénégalais. Les faits, qui remontent à plus de deux ans, mettent en lumière un mode opératoire organisé et des circonstances d’arrestation particulièrement éprouvantes pour la principale accusée.
L’affaire débute en février 2022 à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD). F. Mankonkwama, de nationalité sud-africaine, est interpellée par les forces de l’ordre après la découverte de 3,9 kilogrammes d’héroïne dissimulés dans sa valise. Lors de son arrestation, la mise en cause était enceinte de sept mois. La procédure a pris une tournure médicale d’urgence lorsqu’elle a accouché prématurément au sein même des locaux de la gendarmerie, en pleine période de garde à vue.
À la barre, la convoyeuse et son co-accusé sénégalais, F. Dione, ont tous deux tenté de revenir sur les éléments de l’enquête. La ressortissante sud-africaine a plaidé la bonne foi, affirmant qu’elle se rendait au Sénégal pour un simple séjour touristique. Elle a soutenu que le bagage incriminé lui avait été confié par un compatriote et qu’elle en ignorait totalement le contenu illicite. De son côté, F. Dione a rejeté en bloc toute implication dans ce réseau.
Cependant, le dossier d’accusation s’appuie sur des éléments matériels précis. Comme le rapporte le média Kawtef, les investigations ont permis de mettre en évidence des détails compromettants qui fragilisent la ligne de défense des accusés. Les enquêteurs ont notamment documenté la promesse d’une récompense financière s’élevant à deux millions de francs CFA, ainsi que l’engagement préalable d’un interprète pour faciliter les opérations sur le territoire sénégalais.
Face à la gravité des faits et à la quantité de stupéfiants saisie, le ministère public a requis une peine de 15 ans de réclusion criminelle à l’encontre des deux prévenus. La juridiction rendra son verdict le 20 mars prochain.