La capitale britannique a été le théâtre, ce dimanche, d’un rassemblement sous haute surveillance à l’occasion de la Journée annuelle d’Al-Quds. Entre un dispositif sécuritaire exceptionnel et des restrictions inédites, l’événement a pris une configuration inhabituelle, marquée par une séparation physique stricte des différents groupes présents.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, des centaines de personnes se sont massées le long de l’Albert Embankment, au bord de la Tamise, dans le centre de Londres. La mobilisation est restée bien en deçà des prévisions initiales qui tablaient sur la présence de 12 000 participants. Les manifestants, réunis pour exprimer leur solidarité avec les Palestiniens, brandissaient des drapeaux et scandaient des slogans. Certains portaient également des portraits du défunt guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.
Pour la première fois depuis plus de dix ans, les autorités ont formellement interdit la traditionnelle marche à travers la ville. La ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a validé une requête de Scotland Yard instaurant une interdiction de défiler d’une durée d’un mois. Une décision justifiée par les risques de troubles à l’ordre public en lien avec la situation au Moyen-Orient. Contraints de maintenir un rassemblement « statique », les organisateurs de la Commission islamique des droits de l’homme ont accusé la police londonienne d’avoir cédé à des pressions externes.
De l’autre côté du fleuve, une contre-manifestation de moindre envergure réunissait des dissidents iraniens et des membres du collectif Stop The Hate, dont certains arboraient des drapeaux israéliens. Face au risque d’affrontements, Scotland Yard a déployé plus de 1 000 agents et a utilisé la Tamise comme une véritable barrière physique. Des patrouilles fluviales ont été mobilisées, et le pont de Lambeth a été fermé à la circulation pour garantir une séparation étanche entre les deux rives.
Le dispositif, circonscrit entre les ponts de Vauxhall et de Lambeth de 13h00 à 15h00, a donné lieu à 12 arrestations. Les motifs retenus incluent le soutien à une organisation interdite ainsi que des comportements menaçants ou injurieux. La police avait préalablement averti que certains chants ou démonstrations de soutien à des groupes proscrits entraîneraient des interpellations immédiates. Les deux rassemblements se sont dispersés à l’heure prévue, sans qu’aucune tentative de briser les conditions du rassemblement statique ne soit recensée.