Le Centre International de Conférences Abdou Diouf (CICAD) a été le théâtre d’un échange tendu, ce lundi, lors du 10e Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. En marge des plénières consacrées au thème « Ressources naturelles et souveraineté », le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et l’universitaire Maurice Soudieck Ndione se sont vivement opposés sur la question des régimes d’exception au Sahel.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, le désaccord s’est manifesté à la suite de l’intervention académique du professeur Maurice Soudieck Ndione. Ce dernier a posé les bases d’une réflexion critique sur la notion d’État et sa capacité à incarner la souveraineté. L’universitaire a estimé que la sécurité constitue le socle fondamental du contrat social, s’interrogeant sur la légitimité d’un État incapable d’assurer ce premier droit. Il a également alerté sur le fait que l’institutionnalisation des régimes d’exception compromettrait la démocratie et la consolidation étatique.
Cette lecture a suscité une réaction immédiate du chef de la diplomatie malienne. Abdoulaye Diop a dénoncé une analyse qu’il juge déconnectée des réalités du terrain, l’assimilant à du « populisme » et à une reprise de narratifs extérieurs. Évoquant les sacrifices consentis par les populations sahéliennes dans leur quête de stabilité, le ministre a accusé son contradicteur de relayer des stéréotypes souvent véhiculés par des médias hostiles. « Quand on est professeur, il faut se documenter », a-t-il déclaré, appelant à davantage de compréhension envers les dynamiques internes des pays du Sahel plutôt qu’à des jugements qu’il perçoit comme condescendants.
En réponse, Maurice Soudieck Ndione a fermement défendu son indépendance intellectuelle et la légitimité de son analyse. « Je suis un universitaire. Je refuse qu’on me dicte la façon de penser », a-t-il affirmé. Réitérant sa position, il a maintenu que la participation des populations et l’ancrage démocratique restent indispensables à toute entreprise de consolidation de l’État, soulignant que la normalisation des transitions militaires risque d’affaiblir ces fondements. Ces débats s’inscrivent dans une édition du Forum de Dakar invitant à une réflexion collective sur la souveraineté et les limites des dispositifs actuels de résolution des crises.
Bravo me diop a bas le valet de l impérialisme ceux qui pensent toujours avoir raison
Professeur !!! Mon oeil
Professeur l hydre neo coloniale continue d axyphier l économie, la sécurité et le développement de ces états au détriment des populations meurtries.
Dans votre confort vous ne pouvez mesurer la douleur de ces peuples tués, massacrés et survivant dans l insécurité face aux hordes financées par l occident et certaines monarchies.
Le ministre a bien raison. La climatisation des salons feutrés est bien différente de la canicule des environs de KAYES, MOPTI, NIORO DU MALI .
NOUS RESPECTONS votre point de vue mais reconnaissons que leur refus de l asservissement et leur choix souverain les expose à une confrontation lâche et asymétrique .
Se défendre ,vivre et survivre devient la seule option.
Rappelant les années d après indépendance.
Le problème c est que nos écoles produisent de mauvais intellectuels toujours connectés à la lecture occidentale de l’Afrique.
Merci mr Diop !
Merci Monsieur le Ministre pour cette mise au point. Elle rappelle utilement les limites de certaines analyses académiques, parfois éloignées des réalités du terrain, et qui peuvent relayer des lectures héritées du passé. Il est essentiel de prendre en compte les dynamiques actuelles et les aspirations légitimes des peuples du Sahel à une indépendance réelle et assumée.