Vols menacés en Europe d’ici 6 semaines : le pourcentage de kérosène bloqué au Moyen-Orient

L’industrie aéronautique européenne est confrontée à une menace d’annulation de vols. Sept semaines après les perturbations engendrées par la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, un assèchement des réserves de kérosène risque de paralyser le trafic à l’approche de la saison estivale.

Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a déclaré jeudi à l’agence AP que l’Europe ne disposerait plus que d’environ six semaines de réserves de carburéacteur. Il a averti que des annulations de vols pourraient survenir prochainement si le blocage pétrolier perdure, malgré la trêve de deux semaines instaurée récemment entre l’Iran et les États-Unis.

Comme l’indique Al Jazeera, cette perturbation trouve son origine dans le bras de fer en cours dans le détroit d’Ormuz. Ce passage maritime stratégique voit transiter un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié (GNL) en temps de paix. L’effondrement des livraisons a provoqué une flambée des prix de l’énergie, propulsant le baril de brut Brent au-delà des 100 dollars, contre 66 dollars avant le conflit. Face à cette crise, le Royaume-Uni a entamé des discussions avec une coalition de plus de 40 pays — dont les États-Unis ne font pas partie — afin de trouver une solution pour rouvrir le détroit.

Le secteur aérien européen se retrouve particulièrement exposé. Environ 75 % des importations européennes de kérosène proviennent du Moyen-Orient. Ce niveau de dépendance rend tout blocage prolongé problématique pour une industrie qui s’apprête à entamer sa haute saison, après avoir enregistré 747 millions d’arrivées internationales en 2024. Le kérosène, produit principalement en Chine, au Moyen-Orient et aux États-Unis par des groupes comme Shell, ExxonMobil et Saudi Aramco, voit ses circuits de distribution entravés.

Face à cette raréfaction, les prix de référence en Europe ont atteint un niveau record de 1 800 dollars la tonne le 18 mars, avant de légèrement refluer en avril. Dans une lettre adressée à la Commission européenne, le Conseil international des aéroports d’Europe (ACI) a prévenu qu’une telle pénurie porterait gravement atteinte à l’économie du continent. Plusieurs plateformes aéroportuaires ont signalé qu’elles pourraient manquer de carburant d’ici trois semaines si les livraisons via le détroit d’Ormuz ne reprennent pas. Par ailleurs, la demande mondiale de kérosène, évaluée à 7,788 millions de barils par jour en 2025, devait initialement croître pour atteindre 7,988 millions en 2026.

Les conséquences se font déjà ressentir sur les opérations des transporteurs. Jeudi, la compagnie allemande Lufthansa a annoncé la fermeture de sa filiale régionale, CityLine, justifiant cette décision par l’explosion des coûts du carburant et l’impact de grèves. La directrice de la technologie de Lufthansa, Grazia Vittadini, a précisé à Reuters que les fournisseurs de kérosène modifient actuellement leurs fenêtres de prévision et refusent de s’engager sur des perspectives dépassant un mois.

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