Un contrat de 11 millions d’euros pour les prisons belges provoque la rupture immédiate avec le syndicat

Face à une surpopulation chronique et un manque criant d’effectifs, le système pénitentiaire belge traverse une crise structurelle. Pour tenter d’y remédier, le ministère de la Justice a officialisé le recours à une solution externe, déclenchant instantanément l’opposition des représentants des travailleurs.

La ministre belge de la Justice, Annelies Verlinden, a annoncé le déploiement d’entreprises de sécurité privées au sein des établissements pénitentiaires. S’exprimant sur la chaîne publique flamande VRT, elle a justifié cette décision par la nécessité de garantir un personnel suffisant. Selon l’agence Anadolu, qui relaie l’information, des accords ont été conclus avec ces sociétés pour des missions spécifiques et d’une durée limitée.

Concrètement, ces agents privés seront affectés à des tâches n’impliquant pas de contact direct avec les détenus, comme la procédure d’admission des nouveaux arrivants. Cette démarche vise notamment la nouvelle prison d’Anvers, où une campagne de recrutement intensive peine à aboutir en raison des tensions sur le marché de l’emploi. Ce contrat prévoit de confier environ 30 postes au secteur privé, représentant un investissement estimé à 11 millions d’euros.

La mesure a provoqué une réaction immédiate du syndicat ACOD, représentant les agents du secteur public en Belgique. Robby De Kaey, responsable au sein de l’organisation, a indiqué que la ministre avait pris cette décision sans aucune consultation préalable, la qualifiant d’inacceptable. En conséquence, le syndicat a officiellement retiré son soutien à Annelies Verlinden.

Cette réorganisation s’inscrit dans un contexte de dégradation documentée des conditions de détention en Belgique. À l’échelle nationale, les données disponibles indiquent que 644 détenus sont contraints de dormir à même le sol faute de lits. Le complexe pénitentiaire de Haren, à Bruxelles, le plus grand du pays, enregistre à lui seul un niveau record de 141 personnes dans cette situation. Les autorités constatent une hausse significative de la population carcérale dans la capitale, particulièrement marquée depuis décembre 2025, sans que les capacités d’accueil n’aient pu être augmentées au même rythme.

Les problèmes d’hygiène, de violence et de surpopulation ont déjà fait l’objet de rapports du Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) du Conseil de l’Europe. En 2023, ces conditions matérielles avaient conduit un détenu à incendier sa cellule, un événement qui avait été suivi d’une grève des agents pénitentiaires.

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