À l’approche de l’expiration de l’ultimatum fixé par le président américain Donald Trump concernant le détroit d’Ormuz, la tension franchit un nouveau palier au Moyen-Orient. L’armée israélienne a diffusé une consigne d’évitement stricte à la population iranienne, ciblant une infrastructure civile spécifique.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’armée israélienne a sommé les habitants en Iran de ne pas s’approcher des voies ferrées ni d’utiliser les trains. « Pour l’intérêt de votre sécurité, nous vous demandons de vous abstenir d’utiliser et de voyager en train dans tout l’Iran à partir de ce moment jusqu’à 21h00, heure iranienne [17h30 GMT] », a publié l’armée sur son compte X en langue persane, ajoutant qu’une présence près de ces infrastructures mettait leur vie en danger.
Cette alerte intervient alors que Donald Trump a menacé de bombarder les ponts et les centrales électriques du pays si Téhéran ne rouvre pas le détroit d’Ormuz ce mardi à 20h00 EST (01h00 GMT mercredi). En retour, l’Iran a promis des représailles dévastatrices en cas d’attaque contre ses infrastructures civiles.
Sur le terrain, les opérations militaires se poursuivent. L’armée israélienne a récemment achevé une nouvelle vague de frappes. Selon l’agence de presse iranienne Mehr, un immeuble résidentiel du centre de Téhéran a été touché, détruisant également une synagogue adjacente. Lundi, une installation pétrochimique du gisement gazier de South Pars, partagé avec le Qatar, a été ciblée. Le ministère iranien de la Santé dresse un bilan de 2 076 personnes tuées en Iran par les attaques américano-israéliennes depuis le début du conflit il y a plus de cinq semaines.
Les répercussions s’étendent au-delà des frontières iraniennes. Le pont roi Fahd, une artère de 25 kilomètres reliant l’Arabie saoudite à Bahreïn — où est basée la 5e flotte de la marine américaine —, a été fermé à la circulation pour une durée indéterminée. L’autorité gestionnaire évoque une mesure de précaution face aux attaques iraniennes ciblant la province orientale de l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe. Le correspondant d’Al Jazeera au Koweït précise que sept missiles balistiques ont été interceptés dans cette zone saoudienne, tandis que des sirènes d’alarme ont retenti à Bahreïn et aux Émirats arabes unis.
Sur le plan diplomatique, le Conseil de sécurité des Nations Unies doit se prononcer ce mardi sur une résolution allégée exigeant le déblocage du détroit d’Ormuz. Le texte, consulté par l’AFP, ne mentionne plus l’autorisation de recourir à la force. Le vote avait été retardé face au risque de veto de la Russie et de la Chine.
Le blocus du détroit continue de perturber les marchés énergétiques mondiaux. Interrogé par Al Jazeera sur la mise à exécution des menaces de Donald Trump, Trita Parsi, vice-président du Quincy Institute, indique que le président américain conserve la possibilité de prolonger son ultimatum s’il perçoit une issue diplomatique, une flexibilité qu’il a déjà utilisée à plusieurs reprises au cours des dernières semaines.