Le rejet de la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies continue de susciter une vive polémique. Alors que le gouvernement reste silencieux, le secrétaire général du parti Justice et Développement (PJD), Cheikh Ibrahima Diallo, a violemment critiqué ce qu’il considère comme une faute stratégique majeure, imputable à la fois aux divisions internes du Sénégal et à l’impuissance chronique de l’Union africaine (UA).
Dans une déclaration sans concession, M. Diallo estime que l’échec de cette candidature ne saurait être réduit à un simple revers personnel. Selon lui, c’est l’ensemble du continent qui sort affaibli de ce scrutin. « L’Afrique a manqué une fenêtre de tir unique par simple manque de solidarité », a-t-il martelé, déplorant que vingt États membres de l’UA aient rompu la « procédure de silence » pour bloquer la candidature ouest-africaine. Ce comportement illustre, à ses yeux, une organisation continentale « géante aux pieds d’argile », incapable de transcender ses rivalités internes pour défendre ses intérêts stratégiques.
Mais le leader du PJD a surtout concentré ses critiques sur l’attitude des autorités sénégalaises. Dans un réquisitoire qualifié de « coup de gueule », il accuse Dakar de s’être muré dans un « manque de patriotisme diplomatique ». Pour lui, le désaveu de Macky Sall est d’autant plus cuisant qu’il est intervenu sans qu’un soutien unanime de la capitale ne soit manifesté. « On ne règle pas des comptes internes en humiliant son pays sur la scène internationale », a-t-il lancé, suggérant que des calculs politiques domestiques auraient eu raison de la solidarité nationale.
Cheikh Ibrahima Diallo rappelle que la fonction de secrétaire général de l’ONU dépasse les clivages partisans. En laissant s’effondrer cette candidature, déplore-t-il, le Sénégal a non seulement compromis une opportunité historique pour l’Afrique, mais il a également terni son image diplomatique, autrefois saluée pour son influence et son rayonnement. Pour le PJD, cet épisode laisse un goût amer : celui d’une diplomatie sénégalaise affaiblie par ses propres divisions, sacrifiant un enjeu continental sur l’autel de querelles internes que l’opinion réprouve.