Syrie : le gouvernement ferme définitivement le grand camp lié à l’EI et scelle le sort de milliers de familles

Les autorités syriennes ont achevé l’évacuation et la fermeture d’un vaste camp isolé qui abritait des milliers de proches de membres présumés du groupe armé État islamique (EI). Cette opération marque une étape majeure dans la gestion de ces populations, alors que le sort des ressortissants étrangers continue de se heurter au refus de plusieurs pays de les rapatrier.

Le dernier convoi de résidents a quitté les lieux dimanche matin. D’après Fadi al-Qassem, responsable gouvernemental syrien chargé de la supervision du site, l’ensemble des familles, syriennes comme étrangères, a été relocalisé. Cette fermeture intervient un mois après que le gouvernement de Damas a repris le contrôle du camp aux autorités kurdes, étendant ainsi son autorité dans le nord-est du pays.

Situé dans une zone désertique de la province de Hassaké, le camp d’Al-Hol a compté jusqu’à 73 000 personnes en 2019. Le mois dernier, il abritait encore environ 24 000 résidents. Parmi eux figuraient une majorité de Syriens, des Irakiens, ainsi que plus de 6 000 étrangers issus d’une quarantaine de nationalités. Bien qu’ils ne fussent pas techniquement des prisonniers et qu’aucune charge ne pesait sur la plupart d’entre eux, ces individus vivaient de facto en détention sous haute sécurité depuis des années.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ces milliers de personnes ont été dispersées vers diverses destinations. Des centaines ont été transférées vers le camp d’Akhtarin, dans la province d’Alep, tandis que d’autres ont été rapatriées en Irak. De nombreux ressortissants syriens ont pu regagner leurs villes d’origine, et plusieurs étrangers ont pris la direction des bastions gouvernementaux d’Idleb ou d’Alep. Fadi al-Qassem a précisé que les femmes et les enfants relocalisés auront besoin d’un accompagnement pour leur réintégration.

Si Al-Hol est désormais fermé, l’avenir du camp de Roj, plus modeste mais abritant également des proches de membres présumés de l’EI, reste en suspens. Toujours sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, il compte principalement des étrangers dont les pays d’origine refusent le retour.

Le 16 février dernier, les autorités syriennes ont ainsi refoulé des bus transportant 34 femmes et enfants australiens qui avaient quitté le camp de Roj en direction de Damas, dans l’espoir de rejoindre l’Australie. Le gouvernement australien a par la suite confirmé son refus de les rapatrier. Le Premier ministre Anthony Albanese a justifié cette position de manière frontale : « Nous n’avons franchement aucune sympathie pour les personnes qui ont voyagé à l’étranger afin de participer à ce qui était une tentative d’établir un califat pour saper et détruire notre mode de vie. » Il a ajouté que bien qu’il soit regrettable que des enfants soient touchés, l’Australie ne fournirait aucun soutien.

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