Le paysage militaire dans le nord-est de la Syrie connaît une reconfiguration majeure. Alors que les États-Unis réduisent leur présence au sol, les forces gouvernementales syriennes investissent progressivement les positions laissées vacantes. Ce dimanche, une étape supplémentaire a été franchie dans la province de Hassaké, marquant une évolution notable dans les rapports de force sur le terrain.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’armée arabe syrienne a officiellement pris le contrôle de la base militaire d’al-Shaddadi. Le ministère syrien de la Défense a précisé que cette opération fait suite à une « coordination avec la partie américaine ». Ce site stratégique était occupé par les forces américaines depuis 2016, date à laquelle elles l’avaient repris au groupe État islamique (EI). Ce transfert s’inscrit dans le cadre plus large d’un accord de cessez-le-feu impliquant également les Forces démocratiques syriennes (FDS).
Ce mouvement n’est pas isolé. Jeudi dernier, les troupes gouvernementales avaient déjà investi la base américaine d’al-Tanf, située près des frontières avec l’Irak et la Jordanie. Sur le terrain, le départ des troupes américaines d’al-Shaddadi a été précédé de signes visibles : des résidents ont rapporté avoir entendu des explosions et aperçu des incendies à l’intérieur de l’enceinte, les forces américaines procédant à la destruction de matériel avant leur retrait.
Du côté de Washington, le secrétaire d’État Marco Rubio a qualifié la mise en œuvre de l’accord d’évolution allant « dans une direction positive », malgré des journées jugées « très préoccupants ». Il a souligné la nécessité d’étendre ces accords aux communautés druzes, bédouines et alaouites, estimant que cette issue vaut mieux qu’une Syrie « morcelée en huit morceaux ».
Les États-Unis ont réduit leurs effectifs militaires dans le pays, passant de 1 500 soldats en juillet à environ 900 actuellement, tout en consolidant leur présence terrestre vers la « Tower 22 » en Jordanie. Le Commandement central américain (CENTCOM) continue néanmoins ses opérations aériennes, ayant mené dix frappes contre des cibles de l’EI début février.