Syrie : Au lendemain de la chute d’Assad, la position officielle de Pékin sur le sort des ressources stratégiques et militaires du pays

Alors que le paysage politique syrien connaît une reconfiguration historique depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, la diplomatie chinoise sort de sa réserve. Pékin a officiellement réagi, ce mardi, aux récents développements militaires et administratifs majeurs annoncés par le nouveau pouvoir à Damas concernant l’unification des forces armées et le contrôle des ressources énergétiques.

La reconstruction de la Syrie, dévastée par de longues années de conflit, reste suspendue à la stabilité de ses nouvelles institutions. C’est dans ce contexte de transition délicate que la Chine, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a tenu à clarifier ses attentes vis-à-vis du nouveau gouvernement dirigé par le président Ahmed al-Charaa.

Un appel au règlement politique par le dialogue

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Pékin exhorte l’ensemble des acteurs syriens à privilégier la voie diplomatique pour consolider la paix. Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a insisté sur la nécessité d’un retour rapide à la stabilité.

« La Chine espère que la Syrie connaîtra la paix et la stabilité au plus vite », a déclaré le diplomate face à la presse. La position chinoise met l’accent sur un processus inclusif : « Nous espérons que toutes les parties en Syrie faciliteront le processus de règlement politique par le dialogue et la négociation et trouveront une solution pour reconstruire le pays dans l’intérêt du peuple syrien. »

L’intégration des forces et le transfert des ressources

Cette prise de parole intervient juste après l’annonce d’un accord déterminant entre l’État syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS). Dimanche, le président Ahmed al-Charaa a officialisé un cessez-le-feu doublé d’un plan d’intégration institutionnelle, faisant suite à une opération militaire de l’armée syrienne visant à reprendre le contrôle de zones dans l’est et le nord-est du pays.

Les termes de cet accord redessinent la carte sécuritaire et économique du pays. Les FDS s’engagent à retirer leurs formations militaires à l’est de l’Euphrate. Plus significatif encore, le contrôle administratif et sécuritaire des provinces stratégiques de Raqqa et de Deir ez-Zor est transféré à l’État syrien.

Le volet économique de cet accord est crucial pour la reconstruction évoquée par Pékin : il prévoit le transfert de la gestion des champs pétroliers et gaziers, ainsi que des points de passage frontaliers, vers le gouvernement central. Sur le plan militaire, le personnel des FDS doit intégrer les ministères de la Défense et de l’Intérieur, sous réserve d’une vérification individuelle des antécédents.

Pour rappel, ces changements interviennent quelques mois après la chute du régime de Bachar al-Assad, qui a dirigé le pays pendant 24 ans avant d’être renversé en décembre 2024.

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