Un suspect clé de l’attentat meurtrier perpétré en 1982 contre le restaurant Jo Goldenberg à Paris a été extradé vers la France. Les autorités palestiniennes ont remis l’individu à la justice française, marquant une avancée dans ce dossier vieux de plus de quatre décennies.
Mahmoud Khader Abed Adra, également connu sous le nom de Hicham Harb, est arrivé sur le sol français jeudi. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, il a atterri à la base aérienne militaire de Villacoublay, en banlieue parisienne, avant d’être immédiatement placé en détention. Son arrestation initiale remonte à septembre de l’année dernière, lorsque les forces de sécurité palestiniennes l’avaient interpellé en Cisjordanie. Le parquet antiterroriste français avait alors formulé une demande d’extradition dans les jours suivants.
Le transfert de cet individu s’inscrit dans un contexte géopolitique précis. Le président français Emmanuel Macron a directement lié cette extradition à la reconnaissance par la France de l’État palestinien, intervenue en septembre 2025. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait d’ailleurs déclaré fin 2025 que cette reconnaissance française avait mis en place un cadre approprié pour répondre favorablement à la requête judiciaire de Paris.
L’attentat, survenu le 9 août 1982, avait visé un établissement situé rue des Rosiers, dans le quartier historique du Marais. Entre trois et cinq hommes avaient lancé une grenade à l’intérieur du restaurant, avant d’ouvrir le feu dans la rue. L’attaque avait fait six morts et 22 blessés. Elle a été imputée au Conseil révolutionnaire du Fatah, une faction armée dissidente de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Du côté des parties civiles, David Pere, avocat représentant plusieurs familles de victimes, a souligné que ces 44 années d’attente constituaient un délai particulièrement long. À l’inverse, l’avocat du suspect a qualifié cette procédure de violation grave de la loi fondamentale palestinienne. Actuellement, deux autres suspects se trouvent déjà sous la garde des autorités françaises. En février dernier, la plus haute juridiction du pays a confirmé la tenue d’un procès, rejetant ainsi les recours formés par la défense.