La ministre de la Justice, Yassine Fall, a présidé mardi une conférence nationale axée sur les alternatives à l’incarcération. Face aux acteurs de la chaîne pénale, la garde des Sceaux a exposé les défaillances structurelles contribuant à l’engorgement des maisons d’arrêt au Sénégal.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, la surpopulation carcérale constitue une préoccupation urgente pour le gouvernement. S’appuyant sur les rapports de l’Inspection générale de l’administration de la justice et de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté (ONLP), Yassine Fall a dressé un bilan exhaustif de la situation. Les établissements pénitentiaires affichent une surcharge manifeste, directement liée au volume élevé de mandats de dépôt.
La ministre a souligné que des dossiers stagnent dans les cabinets d’instruction depuis trois ans ou plus, sans qu’aucun acte ne soit posé après la première comparution des détenus provisoires. Elle a également relevé des retards dans le traitement des affaires renvoyées en attente et des cas d’appel non enrôlés. À ces lenteurs procédurales s’ajoute un déficit infrastructurel prononcé. Yassine Fall a précisé qu’aucun nouvel établissement pénitentiaire n’a été construit depuis l’indépendance, un immobilisme inadapté face à la croissance démographique et à l’évolution de la criminalité.
Pour atténuer l’engorgement des prisons, le ministère de la Justice mise sur la révision de son cadre législatif et sur la promotion de l’aménagement des peines. La Direction des affaires criminelles et des grâces élabore actuellement un avant-projet de loi visant à restreindre les motifs de recours à la détention provisoire et à rationaliser la durée de l’information judiciaire. Le gouvernement prévoit par ailleurs de finaliser un programme de construction de prisons répondant aux normes des Nations unies, afin de moderniser le parc pénitentiaire et d’augmenter les capacités d’accueil existantes.
Thim!