Sur l’ensemble du territoire français, le facteur isolé par les scientifiques qui affecte la quasi-totalité des espèces d’oiseaux

Une recherche approfondie menée dans l’Hexagone vient d’apporter un éclairage statistique sur la raréfaction de la faune aviaire. Publiés ce mercredi dans une revue scientifique britannique de référence, les travaux du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) établissent désormais un parallèle chiffré entre l’intensité de certaines pratiques agricoles et la baisse de densité de la faune sauvage.

L’étude, relayée par l’agence Anadolu, se distingue par l’ampleur de son analyse et la netteté de ses conclusions concernant l’impact des produits phytosanitaires.

Une corrélation négative généralisée

Les résultats parus dans la revue Proceedings B de la Royal Society indiquent une tendance lourde : plus de 80 % des espèces observées se font plus rares dans les zones où les volumes d’achat de pesticides sont importants. Pour parvenir à ce constat, les chercheurs ont croisé les données locales d’achat de 242 substances actives avec les chiffres d’abondance de 64 espèces d’oiseaux communs.

Selon Anne-Christine Monnet, co-autrice de l’étude, le signal est « assez fort ». Elle précise que pour 84,4 % des espèces, les corrélations s’avèrent négatives. Le constat est simple : l’augmentation des ventes de produits phytosanitaires correspond statistiquement à une diminution de la présence des oiseaux.

Un impact qui dépasse les zones de culture

La portée de ces travaux couvre l’ensemble du territoire métropolitain français et intègre une grande diversité de contextes agricoles. Fait notable, les scientifiques ne se sont pas cantonnés aux espèces vivant exclusivement dans les champs. L’analyse inclut des oiseaux qui fréquentent ces zones de manière occasionnelle pour se nourrir ou nicher, à l’image des mésanges ou du rossignol.

Afin de garantir la fiabilité du lien de cause à effet, les modèles utilisés ont intégré d’autres variables susceptibles de jouer un rôle, telles que la structure des paysages ou l’usage d’engrais. Cette méthodologie a permis d’isoler l’impact spécifique des pesticides. « On est assez confiants sur le fait qu’on observe bien un effet isolé », affirme la chercheuse du MNHN.

Mécanismes directs et indirects

L’étude détaille également la manière dont ces substances affectent la faune. Les effets peuvent être immédiats, par intoxication lorsque les oiseaux ingèrent des graines traitées. Ils peuvent aussi se manifester indirectement : l’usage d’insecticides élimine une partie des insectes, privant ainsi de nombreuses espèces de leur ressource alimentaire principale.

Pour les auteurs de la publication, ces données constituent un argument factuel en faveur d’une réduction de l’usage de ces substances pour la préservation de la biodiversité, les oiseaux agissant comme des baromètres de l’état de santé des écosystèmes.

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