La violence franchit un nouveau palier au Soudan. Vendredi dernier, une attaque dévastatrice a ciblé la capitale du Darfour oriental, provoquant de lourdes pertes humaines et la destruction d’un établissement essentiel. Face à ce drame, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pris la parole pour dénoncer une situation insoutenable.
Selon les informations rapportées par l’Agence Afrique, s’appuyant sur le service d’information de l’ONU, l’hôpital universitaire d’Al Deain a été la cible d’une frappe meurtrière. Le bilan communiqué fait état d’au moins 64 personnes tuées. Parmi les victimes figurent 13 enfants, deux infirmières, un médecin ainsi que plusieurs patients qui se trouvaient dans l’enceinte de l’établissement. Les dégâts matériels sont tels que la structure médicale est actuellement totalement hors service.
Cette destruction a suscité une vive réaction au sommet de l’OMS. « Assez de sang a été versé, assez de souffrances ont été infligées », a déclaré samedi le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le chef de l’agence onusienne a insisté sur l’urgence de désamorcer le conflit qui déchire le pays, rappelant la nécessité absolue d’assurer la protection des civils, du personnel soignant et des travailleurs humanitaires.
Cet événement s’inscrit dans une dynamique plus large et particulièrement meurtrière pour le secteur de la santé au Soudan. Depuis le déclenchement de la guerre civile en avril 2023, les établissements médicaux sont devenus des cibles régulières. Les données de l’OMS recensent à ce jour 2 036 décès survenus lors de 213 attaques visant spécifiquement des hôpitaux et des centres de soins.
Malgré ce contexte, l’institution maintient son appui aux structures locales en renforçant les services de soins primaires, notamment ambulatoires, pédiatriques et obstétricaux. Elle déploie également des médicaments essentiels et du matériel de traumatologie pour accroître la capacité de prise en charge des blessés. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, la position de l’institution reste stricte : « les soins de santé ne devraient jamais être une cible », a-t-il affirmé, ajoutant que seule « la paix est le meilleur remède ».