Sénégal: Une affaire de tontine débouche sur le démantèlement d’un réseau de prostitution à Yoff

Une plainte déposée pour abus de confiance dans une affaire de tontine a conduit les enquêteurs du commissariat d’arrondissement de Guinaw Rails à découvrir un appartement suspecté d’abriter un réseau de prostitution clandestine à la Cité Biagui, à Yoff. Cinq personnes ont été interpellées et plusieurs objets saisis dans le cadre d’une enquête toujours en cours.

Une enquête ouverte à la suite d’une plainte pour abus de confiance a conduit le commissariat d’arrondissement de Guinaw Rails à mettre au jour un appartement suspecté d’être le siège d’activités de prostitution clandestine, de proxénétisme et de traite d’êtres humains à la Cité Biagui, dans la commune de Yoff.

L’affaire débute le 7 juillet 2026 lorsqu’une femme, se présentant comme esthéticienne, dépose une plainte contre la gestionnaire d’une tontine. Elle accuse cette dernière d’avoir détourné un montant d’un million de francs CFA correspondant à sa participation au système d’épargne.

D’après la police, cinq participantes versaient chacune 20 000 FCFA par jour dans cette tontine. La plaignante soutient que la gestionnaire aurait refusé de lui restituer sa mise. Cette dernière conteste les accusations et affirme avoir effectué le remboursement en espèces, sans pouvoir produire de reçu ou de témoin pour étayer sa version.

Une dénonciation qui change le cours de l’enquête

Au cours de son audition, la gestionnaire de la tontine met en cause la plaignante, affirmant que celle-ci exploiterait en réalité un salon de massage clandestin proposant des prestations sexuelles tarifées.

Sur la base de ces déclarations et avec l’accord écrit de la plaignante, les policiers procèdent à une perquisition dans un appartement situé à la Cité Biagui.

Les enquêteurs disent y avoir découvert un logement de type F3 aménagé pour des activités illicites présumées. Plusieurs objets ont été saisis, notamment des lubrifiants, des huiles de massage, douze téléphones portables, trois cigarettes électroniques ainsi que des médicaments dont la nature doit encore être déterminée.

Le témoignage d’un client

Alors que les opérations étaient en cours, un homme s’est présenté sur les lieux pour ce qu’il a décrit comme une deuxième séance de massage de type « body-body », négociée à 15 000 FCFA.

Il a expliqué aux enquêteurs que la responsable des lieux lui présentait plusieurs jeunes femmes parmi lesquelles il choisissait avant d’être conduit dans une cabine.

Deux femmes présentes dans l’appartement ont également été interpellées. L’une aurait reconnu percevoir une rémunération variable en fonction des clients. L’autre, qui s’était initialement présentée comme femme de ménage saisonnière, aurait finalement admis ne disposer d’aucune qualification ni d’autorisation pour exercer l’activité de massage, tout en restant évasive sur les mouvements financiers observés dans l’établissement.

Cinq personnes placées en garde à vue

À l’issue des premières investigations, la plaignante ainsi que deux femmes travaillant dans le salon ont été placées en garde à vue. Elles sont visées par une enquête portant notamment sur des faits présumés de prostitution clandestine, de proxénétisme, de traite d’êtres humains et d’exercice illégal de la profession de masseuse, a appris Senego.

La gestionnaire de la tontine est, quant à elle, poursuivie dans le cadre de l’enquête pour abus de confiance portant sur un préjudice estimé à un million de francs CFA.

Le client présent sur les lieux a également été placé sous écrou pour les besoins de l’enquête, précise la Police nationale.

L’ensemble des objets et substances découverts dans l’appartement a été placé sous scellés. Les investigations se poursuivent afin d’établir les responsabilités de chacun et de déterminer l’ampleur réelle des activités présumées du réseau.

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