Le Burkina Faso amorce un virage décisif dans la gestion de sa politique de santé publique. Les autorités ont officiellement annoncé une rupture avec les mécanismes de financement extérieurs au profit d’un modèle strictement endogène, visant une souveraineté totale dans le domaine médical.
C’est à l’occasion du lancement du Forum national sur le financement de la santé (FONAFIS), organisé mercredi à Ouagadougou, que le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a officialisé cette nouvelle orientation. Devant un parterre de plus de 400 participants, incluant quinze ministres de la Santé d’Afrique de l’Ouest et du Centre, le chef du gouvernement a défini les nouveaux contours de la politique sanitaire. « Pendant des décennies, nous avons tendu la main pour des financements et de l’expertise. Ce temps est à jamais révolu », a-t-il déclaré, plaçant l’indépendance médicale au cœur du projet de transformation nationale.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, cette doctrine repose sur un financement assuré exclusivement par les ressources propres de l’État. L’objectif affiché est de garantir la production locale des médicaments essentiels, des équipements et des consommables, tout en formant des cadres de santé en nombre suffisant.
Pour matérialiser cette ambition, des mesures budgétaires et structurelles précises ont été arrêtées. Lors de la conférence inaugurale du forum, le ministre de l’Économie et des Finances, Boubacar Nacanabo, a révélé que le gouvernement alloue désormais 12 % de son budget national au secteur de la santé. Cette enveloppe permet notamment de soutenir le programme « 1000×5 », une initiative qui prévoit le recrutement et la formation annuelle de 1 000 médecins spécialistes, pharmaciens et chirurgiens-dentistes.
Sur le volet de l’approvisionnement en traitements, les autorités ont déjà posé les jalons de cette transition. Depuis mai 2025, l’État burkinabè a acté l’acquisition de la Société pharmaceutique PROPHARM SA, la première unité nationale de production de médicaments génériques basée à Komsilga, dans la banlieue de la capitale. Cette opération stratégique a été réalisée par le biais de la Caisse des dépôts et d’investissements du Burkina Faso.