Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se réunissent ce mardi à Luxembourg pour évaluer la volonté des États membres d’adopter des mesures contre Israël. Cette initiative fait suite à une demande expresse de l’Espagne, dirigée par Pedro Sanchez, de suspendre un accord de coopération bilatéral.
Selon les informations rapportées par Insider Paper, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a indiqué que l’objectif est de déterminer s’il est possible d’exercer une pression politique en activant les mécanismes déjà à l’étude. Les positions de plusieurs États membres se sont durcies face à la conduite des opérations militaires à Gaza, à l’invasion du Liban et à l’adoption d’une nouvelle législation sur la peine de mort visant les Palestiniens en Cisjordanie occupée.
Suspendre l’intégralité de l’accord de coopération nécessite l’unanimité des 27 pays, une option qui se heurterait très probablement au veto des alliés d’Israël. Toutefois, Insider Paper révèle qu’une suspension partielle ciblant les facilitations d’échanges commerciaux reste plus réalisable. Cette démarche ne demande qu’une majorité pondérée. Elle nécessiterait néanmoins un changement de cap de pays influents comme l’Allemagne ou l’Italie, bien que Rome ait d’ores et déjà marqué une ligne plus stricte en suspendant un accord de défense.
Parallèlement, une évolution politique en Europe de l’Est modifie les perspectives sur un autre volet diplomatique. La récente défaite électorale de Viktor Orban lève un obstacle majeur au sein du bloc. Budapest bloquait depuis des mois une proposition distincte de sanctions visant spécifiquement les colons israéliens en Cisjordanie. Les diplomates et fonctionnaires européens prévoient désormais de valider ces mesures, avec une concrétisation attendue pour le mois de mai, date marquant l’entrée en fonction du nouveau gouvernement hongrois.