Saint-Louis, région frontalière de la Mauritanie aux multiples configurations géographiques, s’est dotée d’un nouveau plan d’action pour 2026. La Commission régionale de gestion des frontières (CRGF) l’a adopté ce mardi 14 juillet 2026, sous la présidence du gouverneur Al Hassane Sall.
Le chef de l’exécutif régional a rappelé la spécificité des zones frontalières, confrontées à des enjeux tels que les trafics illicites, les flux migratoires ou encore les conflits de voisinage. « La gestion d’un territoire frontalier ne peut être assimilée à celle d’une région située à l’intérieur du pays », a-t-il souligné, plaidant pour une approche globale intégrant sécurité, santé, environnement et économie.
Cette rencontre a également été l’occasion de présenter la politique nationale de gouvernance des frontières. Le professeur Mohamadou Mountaga Diallo, consultant de la Commission nationale et enseignant à l’UCAD, en a détaillé les six axes principaux : délimitation, sécurisation, coopération transfrontalière, développement économique, gestion des mobilités et renforcement des capacités.
L’universitaire a insisté sur la singularité de Saint-Louis, qui possède quatre types de frontières : aérienne via l’aéroport international Ousmane Masseck Ndiaye, fluviale avec le fleuve Sénégal, maritime partagée avec la Mauritanie, et terrestre autour de Gokhou Mbathie. Si la frontière terrestre, comme l’a rappelé Seneweb, a été officiellement délimitée en 1971, les frontières fluviale et maritime demeurent insuffisamment matérialisées, ce qui peut générer des tensions entre communautés riveraines.
Ces efforts locaux s’inscrivent dans une dynamique nationale de renforcement de la gouvernance frontalière. Le 9 juillet dernier, dans le cadre du Programme opérationnel conjoint II (POC II), le Sénégal et l’Union européenne ont lancé la construction de 21 nouveaux points de passage frontaliers, créé une Unité de surveillance et de patrouille frontalière (USPF) et installé six bases de vie mobiles sur les plages. Des avancées qui illustrent la volonté de l’État de mieux maîtriser ses espaces frontaliers.
À l’issue des travaux, les membres de la CRGF se sont engagés à accompagner la mise en œuvre de ce plan d’action, avec pour objectif d’améliorer les conditions de vie des populations et de faciliter les échanges transfrontaliers. Les frontières fluviale et maritime de Saint-Louis restent à matérialiser, a rappelé le professeur Diallo, avant la prochaine évaluation du plan en fin d’année.
