L’ambassadeur du Royaume du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, a apporté des précisions sur le cadre juridique de la question du Sahara occidental, en réaction à l’intervention du professeur Abdou Latif Aïdara lors d’une rencontre organisée vendredi à l’occasion du 50e anniversaire de la Marche verte. Le diplomate a notamment insisté sur la recherche d’une solution négociée, le respect de l’intégrité territoriale des États et la proposition marocaine d’autonomie.
Hassan Naciri a tenu à rappeler que, selon son analyse, le règlement de ce dossier s’inscrit dans le cadre du chapitre VI de la Charte des Nations unies, consacré au règlement pacifique des différends, et non du chapitre VII. Il a ainsi mis en avant les résolutions 1514, 1541 et 2625, qui, selon lui, renvoient à la négociation, au compromis et au respect de l’intégrité territoriale.
« On n’est pas dans le chapitre 7. On est dans le chapitre 6, qui veut qu’on trouve des solutions de compromis », a-t-il précisé. Pour le diplomate, quelle que soit la voie retenue, le processus ne doit pas aboutir à la désintégration d’un État. Il estime également que les parties doivent parvenir à un accord négocié dont le contenu traduit leur volonté commune.
L’ambassadeur a ensuite replacé la question de la bay’a (allégeance) au cœur de la position marocaine. Il considère cette pratique comme un élément historique et religieux fondamental dans les relations entre le souverain marocain et les populations du Sahara.
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« Pour nous, la bay’a, c’est la souveraineté, c’est l’acceptation ou la soumission au pouvoir central. C’est un pacte entre le gouvernant et le gouverné », a-t-il expliqué. Il a ajouté que l’existence de ce lien historique, qu’il estime confirmé par l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice de 1975, constitue un élément déterminant dans l’argumentaire marocain.
L’échec du référendum et le choix de l’autonomie
Revenant sur les différentes étapes du processus de règlement, Hassan Naciri a rappelé que le Maroc avait accepté le principe d’un référendum en 1991, sous le règne du roi Hassan II. Toutefois, cette option s’est heurtée, selon lui, à l’impossibilité de déterminer avec précision le corps électoral.
« Le référendum était inapplicable pour la simple raison que les parties et les Nations unies n’ont pas réussi à définir avec précision le corps électoral », a-t-il indiqué, évoquant notamment les nombreux recours introduits dans le cadre du processus d’identification des électeurs.
Le diplomate a ensuite expliqué que la proposition marocaine d’autonomie est intervenue dans un contexte marqué par la recherche d’une nouvelle approche. Il situe cette initiative dans le prolongement des appels des Nations unies, en 2004, invitant les parties à faire preuve d’imagination et à présenter de nouvelles propositions.
« C’est dans ce cadre que le Royaume, toujours fidèle à l’approche du droit et au respect du droit international, avait fait la proposition de l’autonomie », a-t-il souligné.
L’ambassadeur a également insisté sur les consultations menées par le Maroc avant la présentation de cette initiative aux Nations unies. Il a rappelé que celle-ci avait été qualifiée de « crédible », « sérieuse » et « réaliste » dans les appréciations onusiennes, avant d’évoquer le soutien diplomatique dont elle bénéficie.
Une solution présentée comme un facteur de stabilité régionale
Pour Hassan Naciri, l’autonomie constitue désormais une perspective de règlement soutenue par une majorité importante de pays membres des Nations unies. Il la présente comme une solution de compromis susceptible de favoriser la paix, la coopération et l’intégration régionale.
« C’est une solution de paix, une solution d’entente, qui est très importante non seulement pour le Maroc, mais aussi pour la sous-région », a-t-il déclaré.
Le diplomate estime que le règlement de ce différend permettrait aux pays de la région de renforcer leur coopération et de bénéficier des retombées économiques et politiques de la stabilité.
« Il s’agit de favoriser la coopération, l’intégration et de partager les dividendes de la paix. La paix pour tous », a-t-il conclu.





