Ramadan en Turquie : le repère stambouliote où la diaspora africaine se rassemble pour la rupture du jeûne

À l’approche de la fin du mois de Ramadan, la communauté africaine résidant en Turquie s’organise pour maintenir ses traditions lors de la rupture du jeûne. Au cœur d’Istanbul, un point de ralliement permet aux ressortissants du continent de recréer l’ambiance de leurs pays d’origine.

Selon un reportage réalisé par l’agence Anadolu, c’est dans le quartier d’Aksaray, marqué par une forte présence africaine, que se concentrent ces rassemblements. Le restaurant « 225 Food Africa » s’est imposé comme le lieu de convergence de cette diaspora. À partir de 17 heures, l’établissement dirigé par Sandy Coulibaly accueille des ressortissants de diverses nationalités, notamment des Maliens, des Burkinabés, des Ivoiriens et des Camerounais.

L’attrait de cet espace repose sur une offre culinaire ciblant les habitudes du continent. Les jeûneurs s’y retrouvent pour rompre le jeûne avec des mets spécifiques tels que la bouillie de mil, le « Ngiomi », le « garba » (attiéké au poisson), le « tchep », le « mafé » ou encore le « ndolé ». Sandy Coulibaly précise que cette diversité attire également une clientèle non africaine, incluant des citoyens turcs et français venus découvrir le « foutou » et d’autres plats traditionnels.

Au-delà de la restauration, l’établissement offre un cadre de sociabilité. Les témoignages recueillis par Anadolu soulignent l’importance de ces moments de partage. Un habitué des lieux indique que la possibilité de consommer des plats comme le « Ngombaga » apporte un réconfort face à l’éloignement. Un commerçant burkinabè et plusieurs étudiants africains confirment cette dynamique collective, insistant sur la dimension fraternelle de ces repas pris en commun.

Cette organisation s’inscrit dans un contexte démographique précis. Les données du centre de recherche SETA publiées l’année dernière recensent plus de 62 000 étudiants originaires de 43 pays africains en Turquie. Ces derniers s’appuient fréquemment sur des réseaux solidaires et des associations étudiantes pour structurer des iftars collectifs. De son côté, la Direction de la gestion des migrations fait état de plus de 4 millions d’étrangers sur le territoire turc pour l’année 2026, sans détailler la proportion exacte de la population africaine globale.

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