Le processus de normalisation politique en Guinée-Bissau connaît une accélération notable, quelques semaines seulement après une mission diplomatique de haut niveau menée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Alors que le pays est dirigé par une administration militaire depuis le renversement du président Umaro Sissoco Embaló à la fin de l’année dernière, les autorités de transition ont officiellement clarifié l’horizon électoral, répondant ainsi à une exigence centrale des partenaires régionaux.
Dans un décret lu mercredi par le chef de l’armée, le général Horta Inta-a, la junte a affirmé que « toutes les conditions pour l’organisation d’élections libres, justes et transparentes ont été réunies ». Cette déclaration met fin au flou qui entourait la durée de la transition et fixe un cap précis pour le retour à l’ordre constitutionnel.
Selon le calendrier dévoilé, les élections législatives et présidentielles se tiendront simultanément le 6 décembre prochain. Cette date marque l’aboutissement de la période de transition d’un an initialement évoquée lors de la prise de pouvoir par les militaires en novembre dernier.
Une disposition clé encadre ce processus électoral : le général Inta-a, actuel chef du gouvernement militaire et ancien chef d’état-major, ne pourra pas briguer la magistrature suprême. La charte de transition, publiée début décembre, interdit formellement au dirigeant de la transition de se présenter aux élections, garantissant ainsi une neutralité affichée du processus.
Ce développement intervient dans le sillage direct de la visite effectuée à Bissau par les présidents Julius Maada Bio de la Sierra Leone et Bassirou Diomaye Faye du Sénégal. Lors de cette mission de la Cedeao, les deux chefs d’État avaient tenu des discussions avec la junte, insistant sur la nécessité d’une transition courte, structurée et transparente. Ils avaient également réclamé la libération des opposants politiques, dont le leader de l’opposition Domingos Simoes Pereira, incarcéré au moment du coup d’État.
La prise de pouvoir par l’armée avait été justifiée à l’époque par la volonté d’éviter un « bain de sang » entre les partisans des candidats rivaux, alors que le président sortant cherchait à obtenir un second mandat. Comme le rappelle Al Jazeera, la Guinée-Bissau, pays de 2,2 millions d’habitants, fait face à une instabilité chronique depuis son indépendance, exacerbée par son rôle de plaque tournante dans le trafic de drogue entre l’Amérique latine et l’Europe.
LE 06 DÉCEMBRE 2026
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