Bien qu’il ait promis lors de sa campagne de mettre fin à l’implication des États-Unis dans des guerres à l’étranger, le président Donald Trump a multiplié les offensives militaires depuis son retour aux affaires en janvier 2025. Selon les données et rapports compilés par Al Jazeera, l’administration américaine a initié une série d’attaques directes sur plusieurs continents, marquant une utilisation accrue de la force armée pour imposer ses exigences géopolitiques.
Le point d’orgue de cette stratégie se concentre sur l’Iran, où des attaques conjointes américano-israéliennes ont débuté samedi matin. Selon le Croissant-Rouge iranien, ces frappes ont fait au moins 201 morts. Donald Trump a qualifié ces actions d’« opérations de combat majeures » visant un changement de régime à Téhéran. Ces bombardements font suite à une précédente attaque américaine en juin 2025 qui avait ciblé les installations nucléaires de Fordow, Natanz et Ispahan, faisant plus de 600 morts en pleines tractations diplomatiques entre les deux pays.
Le continent africain enregistre également une intensification notable des opérations américaines. En Somalie, la Fondation New America a recensé au moins 111 attaques aériennes en 2025, un chiffre qui dépasse le total des frappes menées sous les administrations de George W. Bush, Barack Obama et Joe Biden réunies. Au Nigeria, Washington a déployé 100 militaires et mené en décembre 2025 des frappes ciblées dans le nord-ouest du pays contre des membres présumés de l’État islamique (EI). Le président américain a justifié ces actions par la nécessité de stopper un « génocide » de chrétiens, une qualification formellement rejetée par les autorités nigérianes qui y voient une mauvaise interprétation des conflits civils locaux.
En Amérique latine, l’intervention militaire s’est traduite par le bombardement de la capitale vénézuélienne, Caracas, en janvier 2026, suivi de l’enlèvement du président Nicolas Maduro. Le ministère vénézuélien de la Défense a fait état de 83 morts, incluant des civils et des membres des services de sécurité vénézuéliens et cubains. Parallèlement, depuis septembre, les États-Unis ont mené 45 frappes contre des navires soupçonnés de trafic de drogue dans les Caraïbes et en Amérique latine, causant la mort de 151 personnes selon l’ONG Airwars. Si l’administration Trump assimile ces opérations à de la lutte antiterroriste, des experts de l’ONU rejettent cet argument, dénonçant des exécutions extrajudiciaires.
Le Moyen-Orient reste un théâtre d’opérations majeur au-delà de l’Iran. Entre mars et mai 2025, l’armée américaine a mené des dizaines de frappes navales et aériennes au Yémen contre les rebelles Houthis, qui attaquaient les navires en mer Rouge. Une frappe sur le port de Ras Isa en avril 2025 a tué plus de 80 civils, poussant Human Rights Watch à demander une enquête pour crime de guerre, avant qu’un cessez-le-feu ne soit facilité par la médiation omanaise en mai.
Enfin, notre rédaction note que les forces américaines sont intervenues en Syrie en décembre 2025, frappant des cibles de l’EI en représailles à la mort de deux soldats américains et d’un traducteur à Palmyre. En Irak, une frappe menée dans la province d’al-Anbar en mars 2025 a permis d’éliminer Abdallah « Abu Khadijah » Malli Muslih al-Rifai, présenté comme le commandant en second de l’EI, lors d’une opération coordonnée avec les gouvernements irakien et kurde.