Prisons : Dakar, Saint-Louis, Thiès, des taux d’occupation record, infractions sexuelles…

La population carcérale sénégalaise poursuit sa progression, confirmant une tendance haussière observée ces dernières années. Selon les données officielles de l’ANSD, le nombre de détenus est passé de 11 675 en 2021 à 13 685 en 2024, soit une augmentation annuelle moyenne estimée à plus de 4 %. Donc, surpopulation carcérale avec des prisons sous forte pression.

Cette dynamique exerce une pression croissante sur les infrastructures pénitentiaires. Plusieurs régions affichent des taux d’occupation largement supérieurs à leur capacité, notamment Saint-Louis, Dakar, Kaffrine, Diourbel et Thiès. À l’inverse, seules Sédhiou, Fatick et Ziguinchor restent en deçà du seuil de saturation. Ce déséquilibre confirme un phénomène de surpeuplement dans une grande partie du pays.

La hausse concerne principalement les hommes, dont les effectifs ont fortement progressé sur la période récente. Les femmes enregistrent également une augmentation, proportionnellement plus marquée, bien que leurs effectifs demeurent nettement inférieurs à ceux des détenus masculins.

S’agissant des motifs d’incarcération, les infractions liées au vol et au recel arrivent en tête chez les adultes, suivies de près par les affaires de stupéfiants. Les violences et menaces figurent également parmi les principaux chefs d’accusation. Chez les mineurs, les faits de vol dominent très largement, loin devant les violences et les infractions sexuelles.

Du côté des femmes détenues, les violences et les infractions à caractère administratif constituent les premiers motifs d’emprisonnement, devant les affaires de drogue. Quant aux ressortissants étrangers écroués, ils sont majoritairement poursuivis pour vol ou trafic de stupéfiants, tandis que les infractions sexuelles et administratives occupent une place non négligeable.

À cette surpopulation s’ajoute un déficit de personnel. L’administration pénitentiaire compte un peu plus de 2 200 agents en 2024, composés en grande majorité de surveillants. Les femmes y restent minoritaires dans toutes les catégories. Le ratio actuel d’encadrement, un surveillant pour onze détenus, demeure très éloigné des standards internationaux, qui recommandent un agent pour deux détenus.

Le pays dispose aujourd’hui de 37 établissements pénitentiaires, essentiellement des maisons d’arrêt et de correction, complétés par quelques structures spécialisées. Malgré cette offre, la pression démographique en milieu carcéral pose avec acuité la question des conditions de détention et des moyens humains mobilisés pour y faire face.

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