Priorité donnée à l’Ukraine : La Suisse envisage de rompre avec Washington pour adopter ce système franco-italien

La guerre en Ukraine continue de redessiner les priorités logistiques de l’OTAN et de ses partenaires, avec des conséquences directes pour la Suisse. Alors que Berne attendait la livraison de batteries de missiles Patriot, la décision de Washington de privilégier l’approvisionnement de Kiev rebat les cartes. Face à des délais qui s’allongent indéfiniment, la Confédération helvétique envisage désormais sérieusement de se tourner vers une solution continentale pour assurer sa défense sol-air.

L’incertitude plane sur le calendrier de livraison des cinq batteries de missiles Patriot commandées par la Suisse. Selon les médias locaux, Washington a clairement établi sa priorité : soutenir l’effort de guerre ukrainien, reléguant de fait les commandes d’autres partenaires au second plan. Cette situation a poussé les autorités suisses à explorer d’autres pistes pour ne pas laisser leur défense aérienne vulnérable trop longtemps.

**Une alternative franco-italienne sur la table**

D’après les éléments rapportés par l’agence Anadolu, Berne étudie activement le système de défense sol-air de moyenne portée SAMP/T. Développé par un consortium franco-italien sous l’égide de l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement, ce dispositif apparaît aujourd’hui comme l’une des rares alternatives crédibles au matériel américain.

Les délais jouent en faveur de cette option européenne. Le journal *NZZ am Sonntag* rapporte que les fabricants garantissent une livraison d’ici 2029 si la commande est validée rapidement. À l’inverse, le système Patriot pourrait ne pas arriver avant de nombreuses années, voire, selon les scénarios les plus pessimistes évoqués par certains élus, « jamais ».

**Tensions politiques et risque financier**

Ce potentiel changement de cap suscite des réactions contrastées au sein de la classe politique suisse. Clarence Chollet, député des Verts, voit d’un œil « très favorable » ce basculement vers une technologie européenne, soulignant l’incertitude totale du contrat américain. Le ministère suisse de la Défense, par la voix de son secrétaire général adjoint Robert Scheidegger, n’exclut pas cette réorientation et confirme que le Conseil fédéral devra trancher.

Toutefois, l’opération comporte un risque financier majeur. La Suisse a déjà versé un acompte d’environ 700 millions de francs suisses (environ 770 millions de dollars) pour les Patriots. Mauro Tuena, député de l’Union démocratique du centre, met en garde contre les pénalités qu’entraînerait une rupture de contrat. Il souligne également la complexité diplomatique de l’affaire, alors que Berne a aussi prévu l’achat d’avions de combat américains F-35, un dossier qui pourrait peser dans la balance des négociations.

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