Dakar est devenue, le temps d’une rencontre de haut niveau, le centre névralgique de la diplomatie climatique. Devant un parterre composé de ministres, d’ambassadeurs et de partenaires techniques, les travaux préparatoires à la Conférence des Nations Unies sur l’Eau ont débuté avec une orientation claire. Loin des discours protocolaires habituels, le Président Bassirou Diomaye Faye a profité de cette tribune pour définir les lignes rouges et les impératifs d’une échéance mondiale cruciale.
Le constat dressé par le Chef de l’État est sans appel : la crise de l’eau n’est pas une menace future, mais une réalité immédiate qui frappe de plein fouet plus de 2,2 milliards de personnes privées d’accès à une eau potable sûre. En reliant directement cette précarité au dérèglement climatique, qui bouleverse le cycle hydrologique et multiplie les catastrophes naturelles telles que les inondations et les sécheresses, le Président a posé les bases d’un plaidoyer pour l’action.
Le coût exorbitant de l’inaction
Au-delà du diagnostic, c’est sur les conséquences de l’inertie que l’accent a été mis. Selon les informations rapportées par nos confrères d’IGFM, Bassirou Diomaye Faye a averti que « le coût de l’inaction est immense ». Cette facture ne se règle pas uniquement en devises, mais en pertes humaines, en fragilisation des tissus économiques et en tensions géopolitiques croissantes. Pour le Sénégal, investir dans l’eau équivaut désormais à investir dans la sécurité collective et la prévention des conflits.
Une exigence de résultats pour 2026
Alors que le Sénégal co-organise cet agenda avec les Émirats arabes unis en vue de la conférence prévue du 2 au 4 décembre 2026 à Abu Dhabi, le Président Faye a exprimé une volonté ferme : ce rendez-vous ne doit pas être une simple formalité diplomatique. « Elle doit être un moment de bascule », a-t-il martelé.
Cette exigence se traduit par la nécessité d’engagements qui soient non seulement concrets, mais surtout mesurables. La stratégie défendue par Dakar repose sur une refonte des mécanismes de financement. Le Chef de l’État appelle à privilégier les financements concessionnels et l’innovation financière, tout en prenant en compte le poids de la dette qui pèse sur les nations les plus vulnérables.
L’Afrique en première ligne
Le leadership continental s’organise autour de cette échéance, l’Union africaine ayant proclamé 2026 « Année de l’Eau en Afrique ». Le Conseil des ministres africains de l’Eau (AMCOW), actuellement sous présidence sénégalaise, pilote l’élaboration d’une nouvelle Vision africaine de l’Eau. Cette démarche vise à placer les solutions endogènes, portées par les communautés locales, les jeunes et les femmes, au cœur des dispositifs internationaux.
Durant deux jours, les experts réunis à Dakar s’attelleront à structurer six dialogues interactifs couvrant l’ensemble du spectre, de l’eau pour la prospérité à la coopération transfrontalière, afin de baliser le chemin vers une feuille de route crédible pour l’Agenda 2030.
Une exigence de résultats pour 2026.
Le coût exorbitant de l’inaction. On croit rêver. Ces mots viennent de Dioumaye?