Pour stopper l’escalade au Soudan, le Conseil de sécurité de l’ONU isole quatre dirigeants clés du conflit

La violence qui déchire le Soudan depuis plus de deux ans vient de provoquer une nouvelle réaction ferme de la communauté internationale. Face à la multiplication des attaques contre les civils et les infrastructures humanitaires dans les États du Darfour et du Kordofan, le Conseil de sécurité des Nations unies a acté, ce mardi, une série de mesures visant directement les hautes sphères de l’un des camps belligérants.

Selon les informations d’Al Jazeera consultées par notre rédaction, l’instance onusienne a imposé des sanctions à l’encontre de quatre hauts responsables des Forces de soutien rapide (RSF). Parmi les personnalités visées par ces gels d’avoirs et ces restrictions de déplacement figure le frère de Mohamed Hamdan Dagalo, l’actuel chef de ce groupe paramilitaire en conflit avec les Forces armées soudanaises (SAF).

Cette décision intervient en réponse à une série d’exactions documentées sur le terrain. Le Conseil de sécurité a dénoncé les attaques répétées de drones ciblant des non-combattants et des travailleurs humanitaires, dont plusieurs frappes ayant touché les opérations du Programme alimentaire mondial (PAM). En début de semaine, une attaque menée par les RSF à Misteriha, dans l’État du Darfour du Nord, a causé la mort d’au moins 28 personnes et fait 39 blessés, dont 10 femmes, selon les relevés du Réseau des médecins du Soudan.

La situation est tout aussi critique dans la région du Kordofan, où les membres du Conseil ont condamné les assauts continus. Les RSF, épaulées par le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord, maintiennent un siège sur Kadugli, la capitale du Kordofan du Sud, depuis le début des hostilités en avril 2023. Cette asphyxie a conduit l’ONU à y déclarer formellement l’état de famine en novembre dernier, soulignant des mois sans accès fiable à la nourriture ni aux soins médicaux.

Le Conseil de sécurité a par ailleurs mis en garde contre les détentions arbitraires et les violences sexuelles liées au conflit, précisant que ces actes peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. À el-Fasher, dans le Darfour du Nord, les rapports font état de meurtres systématiques, de déplacements massifs et d’exécutions sommaires à la suite de la prise de la ville par les RSF. Ces éléments ont d’ailleurs poussé la Cour pénale internationale (CPI) à ouvrir une enquête officielle.

Appelant à un accès humanitaire sûr et sans entrave, l’ONU a fermement rappelé que la famine ne doit en aucun cas être utilisée comme une arme de guerre. Les dernières données du PAM illustrent l’urgence absolue de la situation : au moins 21,2 millions de personnes, soit 41 % de la population soudanaise, sont confrontées à de graves pénuries alimentaires, tandis que 12 millions d’individus ont été contraints de fuir leurs foyers.

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