La gestion des ordures ménagères, et particulièrement la prolifération du plastique, constitue un défi majeur pour les collectivités locales de l’intérieur du pays. À Réfane, dans le département de Bambey, l’autorité municipale pointe du doigt une iniquité dans la prise en charge étatique, s’appuyant sur des données comparatives de production de déchets pour solliciter un appui logistique crucial.
L’urgence environnementale est palpable dans cette commune rurale où l’économie locale repose essentiellement sur la terre et le bétail. Le péril plastique ne se limite plus à une simple pollution visuelle ; il menace directement les moyens de subsistance des populations. Selon les constats dressés sur le terrain, les sachets plastiques envahissent l’espace, causant des dommages considérables à l’élevage et à l’agriculture.
C’est dans ce contexte de crise écologique que le maire de la localité, Dr Djib Thiao, a pris la parole lors d’un week-end d’investissement humain organisé par le mouvement des jeunes « Djibistes » du Baol. Au-delà de la mobilisation citoyenne visant à nettoyer la brousse et les villages, l’édile a formulé une demande institutionnelle précise, rapportée par nos confrères de Sud Quotidien.
Dr Djib Thiao déplore l’isolement de sa commune face à la gestion de ses ordures, alors même que les volumes produits justifieraient, selon lui, une assistance extérieure. Il avance un argument statistique frappant pour étayer son plaidoyer : la commune de Réfane produirait « 4 à 6 fois plus d’ordures » que certaines localités bénéficiant déjà de l’appui de l’État. « On nous a laissé avec nos ordures, il faudrait que l’UCG pense aux communes rurales », a-t-il martelé.
L’appel est donc lancé directement à l’Unité de Coordination de la Gestion des déchets solides (UCG) et au Projet de Promotion de la Gestion intégrée et de l’Économie des Déchets Solides (PROMOGED). Pour le maire, l’intervention de ces structures ne doit pas se limiter aux zones urbaines classiques, mais s’étendre aux communes rurales qui font face à une explosion de leur production de déchets.
En attendant cette aide structurelle, la municipalité tente de s’organiser avec ses propres moyens. Une politique de ramassage et de valorisation est à l’étude, et un site a d’ores et déjà été identifié pour l’installation d’une décharge publique contrôlée, afin de tenter de contenir ce fléau qui asphyxie la commune.