La situation dans le sud du Liban franchit un nouveau palier diplomatique. Face à l’intensification des frappes et aux destructions massives d’infrastructures, les plus hautes autorités libanaises ont officiellement interpellé les Nations unies pour dénoncer la finalité des opérations militaires menées par Tel-Aviv dans la région du fleuve Litani.
Lors d’un entretien téléphonique tenu jeudi avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a formellement accusé Israël de projeter l’annexion des zones situées au sud du pays. Selon les informations rapportées par l’agence de presse Anadolu, s’appuyant sur l’agence officielle libanaise NNA, le chef du gouvernement a alerté sur des violations majeures menaçant la souveraineté nationale.
Pour étayer ces accusations, Nawaf Salam a mis en exergue les récentes déclarations du ministre israélien de la Défense évoquant des projets d’occupation au sud du fleuve Litani, ainsi que les propos du ministre des Finances suggérant une annexion de ce territoire. Sur le terrain, cette stratégie se traduirait par la destruction de la majorité des ponts enjambant le Litani, une manœuvre perçue par Beyrouth comme une tentative d’isoler délibérément la zone du reste du pays.
Le Premier ministre a également dressé un bilan alarmant des conséquences humanitaires, soulignant les déplacements massifs de civils, les incursions quotidiennes et le nivellement complet de nombreuses habitations. Ces destructions systématiques pourraient, selon lui, empêcher définitivement le retour des habitants. Face à ce qu’il qualifie de menace grave pour l’intégrité territoriale, sous couvert de création d’une « ceinture de sécurité » ou d’une « zone tampon », Nawaf Salam a instruit son ministre des Affaires étrangères de déposer une plainte immédiate auprès du Conseil de sécurité de l’ONU.
Notre rédaction rappelle, sur la base des données relayées par Anadolu, que l’offensive terrestre et les frappes aériennes israéliennes au Liban ont débuté à la suite d’une attaque transfrontalière du Hezbollah le 2 mars. Les autorités libanaises recensent à ce jour au moins 1 116 morts et 3 229 blessés dans le pays. Cette crise s’inscrit dans un contexte régional particulièrement complexe, marqué par une offensive conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, ayant fait plus de 1 340 victimes depuis le 28 février, et suivie de ripostes iraniennes visant des cibles israéliennes et des bases américaines dans le Golfe.