L’Amicale des assistants dentaires du Sénégal a tenu, ce jeudi à Dakar, la première journée nationale de la profession. Plus de 500 assistants dentaires ont été formés dans le pays depuis 2007, a indiqué sa vice-présidente, Célestine Kabou, selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). La formation a débuté à l’École nationale de développement sanitaire et social (ENDSS) et s’est étendue à plusieurs établissements depuis lors.
L’amicale plaide pour une reconnaissance institutionnelle de ce métier qui, selon elle, reste trop souvent dans l’ombre. « On les appelle les mains de l’ombre, car sans eux les structures dentaires cessent de respirer. Ils sont le premier sourire qui accueille et souvent le dernier regard qui rassure », a déclaré Célestine Kabou. L’assistant dentaire ne se limite pas à un rôle technique : il accueille les patients, prépare les actes médicaux, veille au respect des règles d’hygiène, assure la stérilisation du matériel et participe à la sécurité des soins.
Ce plaidoyer intervient dans un contexte de pénurie de personnel de santé bucco-dentaire. Selon les données les plus récentes, le Sénégal compte un chirurgien-dentiste pour 32 500 habitants, très en deçà des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui préconise un professionnel pour 1 000 habitants. Les coûts des traitements dentaires sont par ailleurs souvent exclus de la Couverture sanitaire universelle, comme le rappelait une récente publication. Ces carences renforcent le rôle clé des assistants dentaires dans l’amélioration de l’accès aux soins et la fluidité des cabinets.
La présidente de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes du Sénégal, Docteure Myriam Thérèse Arlette Dia Ntab, a salué cette première journée nationale qu’elle considère comme une étape importante pour la valorisation des assistants dentaires. Elle a souligné que ces professionnels sont soumis au secret professionnel au même titre que les dentistes. « Les règles de déontologie doivent faire pleinement partie de votre formation », a-t-elle déclaré à l’endroit des assistants, insistant sur les valeurs de confiance, de solidarité et de rigueur.
L’amicale a également réclamé la création d’un statut professionnel pour les assistants dentaires, estimant que cette reconnaissance renforcerait le système de santé bucco-dentaire. Selon les participants, la reconnaissance institutionnelle, le renforcement de la formation et la clarification du statut sont des leviers indispensables pour moderniser les services de santé bucco-dentaire au Sénégal. La rencontre a rassemblé praticiens, enseignants-chercheurs et responsables du secteur autour des défis de la professionnalisation.
