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Pizzas, vodka et doutes : Les coulisses de l’accord russo-américain

Après une journée de négociations marathon sur les bords du lac Léman, Moscou et Washington ont annoncé le début d’une trêve en Syrie. Un accord qui, pour l’instant, suscite surtout le scepticisme.
Après quatorze heures de négociations à Genève, Russes et Américains ont annoncé, samedi 10 septembre au matin, être parvenus à un accord pour mettre fin aux violences en Syrie et, à plus long terme, de la mise en place d’une coopération militaire pour lutte conjointement contre les djihadistes, annonce Le Temps, principal quotient suisse francophone.

L’accord scellé sur les bords du lac Léman prouve que Russes et Américains ont pu trouver un terrain d’entente malgré de profonds différends dans leur approche du conflit qui a provoqué la mort de plus de 290 000 personnes et la fuite de millions d’autres depuis mars 2011. Moscou est un allié du régime du président syrien Bachar Al-Assad, Washington soutient les rebelles modérés.

Lutter contre le terrorisme

L’accord sur cette trêve, qui devrait être effective lundi, jour de la fête musulmane de l’Aïd el-Adha, a pour l’instant surtout suscité le “scepticisme” des Syriens, précise The New York Times. Le plan russo-américain “permet de mettre en place une coordination efficace pour lutter contre le terrorisme, avant tout à Alep, et permet de renforcer le cessez-le-feu. Tout cela crée les conditions pour un retour au processus politique”, selon Sergeï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères.

L’accord russo-américain comprend également un volet militaire, a précisé son homologue américain John Kerry. Si la trêve dure – on parle d’une période d’essai de 7 jours – les forces américaines accepteront de collaborer avec l’armée russe sur le terrain a-t-il expliqué, une coopération réclamée de longue date par Moscou et sur laquelle les deux pays travaillent depuis des mois.

Collation nocturne

“Les Etats-Unis acceptent de faire un pas supplémentaire car nous pensons que la Russie et mon collègue (Sergueï Lavrov) ont la capacité de faire pression sur le régime Assad pour mettre fin à ce conflit et venir à la table des négociations”, a poursuivi le chef de la diplomatie américaine.

“A cause du grand nombre d’acteurs dans le conflit syrien, aucun des deux responsables n’a été en mesure de garantir le succès de cette trêve”, estime pour sa part le quotidien russe en ligne Gazeta.ru qui souligne néanmoins la “percée” que constitue cet accord après de longs mois de défiance entre les deux grandes puissances. Des signes positifs qui sont apparus dans la nuit de vendredi à samedi, lorsque les diplomates ont offert aux journalistes présents des pizzas et de la vodka, raconte le journal. Sans surprise, les boissons ont été fournies par la délégation russe.

Source: courrier international

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