Passeport sénégalais : 154e, 92 destinations accessibles dont 43 par e-visa

En octobre 2026, le passeport sénégalais se classe au 154e rang sur 196, à égalité avec ceux du Burkina Faso, de la Guinée, du Mali, du Niger et de l’Algérie. Il permet d’atteindre 92 destinations sans démarche préalable auprès d’un consulat.

Le passeport sénégalais donne accès à 43 destinations par e-visa, le mode le plus fréquent dans ce décompte. Viennent ensuite 28 destinations sans visa et 21 où le visa est délivré à l’arrivée. Socialnetlink détaille cette méthode de comptage, qui inclut les visas électroniques demandés en ligne avant le départ.

Sur les 198 destinations prises en compte, 105 requièrent un visa consulaire. Le classement considère comme accessibles sans démarche consulaire les destinations où le voyageur peut entrer sans visa, obtenir son visa à l’arrivée ou recevoir un e-visa. L’indice Henley, lui, ne compte pas les e-visas comme des accès sans visa, puisqu’ils doivent être approuvés avant le départ.

Des exemptions principalement régionales

Quinze des 28 destinations sans visa se trouvent en Afrique de l’Ouest. Elles s’inscrivent pour l’essentiel dans le cadre du protocole de la CEDEAO sur la libre circulation des personnes, signé à Dakar le 29 mai 1979, qui prévoit des séjours de 90 jours au plus sans visa. Les treize autres exemptions concernent cinq pays africains hors de la région, trois destinations d’Asie du Sud-Est, quatre des Caraïbes et une du Pacifique.

À l’échelle africaine, 46 des 53 destinations sont accessibles sans passage au consulat pour les Sénégalais. Sept imposent cette démarche. Le protocole de l’Union africaine sur la libre circulation, adopté en janvier 2018 et signé par 32 États, n’a été ratifié que par quatre pays : le Mali, le Niger, le Rwanda et Sao Tomé-et-Principe. Quinze ratifications sont nécessaires pour son entrée en vigueur.

L’e-visa, une voie d’accès particulièrement présente en Asie

Les 43 e-visas se répartissent entre l’Afrique (17), l’Asie et le Moyen-Orient (16), les Amériques (6), l’Europe (2) et l’Océanie (2). En Asie, 16 des 27 destinations accessibles aux Sénégalais utilisent ce dispositif. Le Viêt Nam a ouvert son e-visa aux ressortissants de tous les pays le 15 août 2023, pour des séjours ne dépassant pas 90 jours.

Le nombre d’e-visas varie de 29 à 57 selon les passeports, tandis que celui des exemptions va de 3 à 130. Les Seychelles, premier passeport africain au 63e rang avec 161 destinations, en obtiennent 37, contre 43 pour le Sénégal. Sur le continent, 44 destinations sont accessibles sans consulat aux Seychellois, contre 46 aux Sénégalais. En Europe, les premiers peuvent entrer sans visa dans 42 pays sur 44 ; les Sénégalais dans aucun.

Pour les seize passeports d’Afrique de l’Ouest, l’e-visa représente entre 39 % et 52 % des destinations accessibles ; la part atteint 47 % pour le Sénégal. Les accès sans démarche consulaire vont de 83 pour le Nigeria à 101 pour la Gambie, classée 127e.

Délais, frais et refus

La demande d’e-visa se fait en ligne, sans rendez-vous. Le Viêt Nam annonce une réponse sous trois jours ouvrés. À titre de comparaison, une demande de visa Schengen implique un rendez-vous et la prise des empreintes ; le délai de traitement prévu est de quinze jours, et peut aller jusqu’à 45 jours dans certains cas.

Un e-visa vietnamien à entrée unique coûte 25 dollars. Les droits d’un visa Schengen s’élèvent à 90 euros, soit 59 000 francs CFA, hors frais du prestataire chargé de recevoir les dossiers. En 2025, les consulats Schengen ont refusé 51,9 % des demandes déposées au Sénégal, contre 14,6 % dans le monde, selon les statistiques de la Commission européenne.

L’e-visa reste un visa : ses frais ne sont généralement pas remboursés en cas de refus. Le paiement se fait le plus souvent par carte bancaire internationale, et la demande requiert notamment un passeport valide et une photo, parfois aussi une réservation d’hôtel ou un billet retour. L’autorisation électronique ne garantit pas l’entrée, qui reste soumise à la décision de la police aux frontières.

Pour les États-Unis, le classement distingue le cas des visas de tourisme, d’affaires et d’études : depuis le 1er janvier 2026, le pays n’en délivre plus de nouveaux aux ressortissants sénégalais, sauf exceptions, en application d’une proclamation présidentielle du 16 décembre 2025. En 2024, 4,5 % des Sénégalais n’avaient pas respecté la durée autorisée de leur visa, selon le Département américain de la sécurité intérieure.

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