Un individu très actif sur les réseaux sociaux et connu pour ses activités autour des jeux et paris en ligne est désormais dans le collimateur de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Dans un rapport transmis aux autorités judiciaires, l’organe de lutte contre les flux financiers illicites soupçonne cet homme d’escroquerie et de blanchiment de capitaux portant sur plusieurs millions de francs CFA.
Identifié sous le pseudonyme de « Monsieur X », le mis en cause utilisait plusieurs comptes de monnaie électronique liés à différents numéros de téléphone. Selon les investigations, il animait notamment un compte TikTok sur lequel il proposait à ses abonnés des coupons de paris sportifs présentés comme gagnants à coup sûr. Pour accéder à ces prétendus pronostics fiables, les internautes devaient verser des sommes variant entre 5.000 et 10.000 francs CFA.
La CENTIF explique que le système reposait sur une stratégie bien rodée. Après avoir convaincu les parieurs, l’individu leur communiquait un numéro destiné à recevoir les paiements. Les fonds encaissés étaient ensuite transférés rapidement vers plusieurs autres comptes avant d’être retirés en espèces ou utilisés dans des paiements marchands, rendant les opérations difficiles à tracer.
Les enquêteurs ont pu identifier un montant global de 13.977.305 francs CFA provenant de nombreux expéditeurs distincts. Les vidéos publiées par le suspect, souvent avant les grandes rencontres de football, mettaient en avant des paris supposés « garantis », poussant ainsi plusieurs internautes à effectuer des transferts d’argent.
D’après les éléments recueillis, plusieurs victimes auraient été trompées par ces promesses de gains faciles. Les transferts rapides des fonds vers d’autres comptes avaient notamment pour objectif d’empêcher toute tentative d’annulation ou de contestation des opérations financières.
Pour la CENTIF, les faits relevés révèlent un mécanisme organisé de collecte de fonds basé sur des contenus jugés trompeurs diffusés sur les réseaux sociaux et sur l’utilisation de multiples comptes électroniques. Considérant que ces pratiques pourraient constituer des faits de blanchiment de capitaux liés à une escroquerie numérique, l’institution a transmis le dossier aux autorités judiciaires compétentes pour la suite de la procédure.